Cadillac XLR, nouveau porte-étendard

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Après avoir été la référence en matière d'automobile de luxe, la marque Cadillac a sombré dans le marasme en devenant un produit de qualité moyenne au cours des années 70. Pendant que les grandes marques allemandes et nippones se livraient une chaude lutte dans la course à la sophistication technique, chez Cadillac on se contentait de bébelles et de tape-à-l'oeil. Bien entendu, le prestige de cette division en a pris tout un coup et les ventes ont commencé à décliner. La réforme a commencé au tournant du siècle et la XLR, dévoilée l'an dernier, représente le point culminant de cette transformation.

En effet, pour se donner du prestige, une marque a besoin d'un produit phare qui permet de démontrer ce dont les ingénieurs de la compagnie sont capables de réaliser en fait de raffinement mécanique tandis que les stylistes ont pour mission d'impressionner la galerie avec leur design. La XLR répond à ces deux critères.

La semaine passée à son volant m'a permis de conclure que les lignes de la carrosserie, inspirées de celles des avions furtifs, sont bien accueillies par le public. Les commentaires élogieux recueillis et les nombreux pouces en l'air lors des dépassements sont une preuve que les stylistes ont réussi leur mission. Soulignons au passage que la plupart des photos ne rendent pas justice à la silhouette qui est beaucoup mieux réussie lorsqu'on peut l'examiner sur place. Et contrairement à plusieurs cabriolets, la voiture est tout aussi élégante une fois le toit en place. Puisque cette Caddy cible la Mercedes SL, il était obligatoire d'avoir un toit rigide à déploiement automatique. Comme sur sa rivale allemande, il suffit d'appuyer sur un bouton pour que la « casquette » rigide se retrouve dans le coffre et fasse également disparaître une partie de l'espace de rangement de celui-ci. La finition de cette soute à bagages ressemble davantage à celle d'une Chevrolet que d'une voiture de haut de gamme.

Jadis accusés d'abuser du chrome, du simili bois et des tapis en minou, les designers de Cadillac ont joué la carte de la sobriété dans l'habitacle. Les cuirs sont très fins, les bois authentiques et la présentation du tableau de bord d'une sobriété quasiment germanique. Cette fois, guerre au toc et au kitsch ! Il est toujours possible de se consoler en actionnant les serrures électriques qui fonctionnent sur la simple pression d'un bouton. Et si jamais la batterie flanche, un système d'ouverture manuelle vous permettra de quitter la voiture.

Enfin, les sièges sont confortables, l'habitabilité généreuse et le système audio impressionnant. Par contre, le support du pare-soleil semble emprunté à un VUS tandis que l'affichage de l'écran de navigation manque de punch en comparaison de la concurrence.

Une C6 endimanchée ?

Plusieurs vont sans doute lever le nez sur cette Cadillac en apprenant qu'elle utilise la même plate-forme que la nouvelle Corvette C6. Mais pour une fois, ces origines ne sont pas déshonorantes. Il faut se souvenir que la Corvette C5 a remporté plusieurs courses internationales devant des marques aussi prestigieuses que Audi, BMW, Ferrari et Porsche. De plus, cette nouvelle génération, la C6, est encore plus raffinée sur le plan technique.

La XLR n'a pas à rougir de ses origines et de son châssis périphérique qui est reconnu pour sa légèreté et sa rigidité. Parmi ses caractéristiques techniques, il faut souligner la suspension Magnetic Ride Control, dont les amortisseurs sont remplis d'un liquide magnétique qui s'épaissit ou se liquéfie selon l'intensité du courant électrique qui le traverse. La direction Magnasteer est pour sa part à assistance magnétique variable tandis que la stabilité directionnelle est confiée à une version plus sophistiquée du système Stabilitrak.

Le groupe propulseur est signé Cadillac avec la toute dernière génération du moteur Northstar. Ce moteur V8 de 4,6 litres produit 320 chevaux, ce qui est 14 chevaux de plus que la Mercedes SL500, la cible avouée. Il est couplé à une boîte de vitesses automatique à cinq rapports de type manumatique montée devant le différentiel arrière afin d'obtenir une meilleure répartition du poids. Parmi les autres caractéristiques techniques, soulignons l'utilisation de pneus de 18 pouces à mobilité étendue et un régulateur de vitesse avec radar qui ajuste automatiquement la distance préréglée avec le véhicule qui vous devance sur la route. À l'usage, cet accessoire fonctionne non seulement très bien mais est d'une très grande transparence.

Une grande routière

Malgré ses emprunts mécaniques à la Corvette, la XLR n'est pas une sportive pure et dure mais une voiture de grand tourisme qui vous permet de rouler rapidement et longtemps aussi bien sur les autoroutes que sur les routes secondaires. La suspension est ferme mais confortable quand même tandis que roadster se conduit au doigt et à l'oeil. Les temps d'accélération sont respectables puisqu'il a fallu 5,6 secondes pour boucler le 0-100 km/h tandis que les reprises 80-120 km/h sont l'affaire de cinq secondes.

Le moteur V8 assure de bonnes accélérations mais c'est surtout autour de 4 000 tr/min qu'il nous dévoile ses qualités. Grâce à la transmission manumatique "DSC Driver Shift Control" il est facile de maintenir le régime à ce niveau et de tirer ainsi le meilleur parti possible du moteur Northstar. Et la conduite de la XLR à haute vitesse nécessite une bonne poigne puisque la direction est plus lourde que la moyenne ce qui assure une meilleure stabilité aussi bien en ligne droite que dans les virages.

Bref, la XLR est la Cadillac des Cadillac. Et son prix est à la hauteur de la qualité du produit.

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