BMW Z4, en attente du verdict

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

En créant il y a huit ans la très perfectible Z3, BMW avait surtout fait du neuf avec du vieux. Qu'importe, l'usine d'assemblage de la Caroline roulait à fond de train pour satisfaire à la demande et plus important encore, la Z3 est parvenue à venger l'échec que BMW avait essuyé avec son roadster 507, disparu en 1959 après n'avoir trouvé, en quatre ans, que 252 preneurs dont le plus célèbre fut sans contredit le King lui-même. Eh oui !

Stimulée donc par le succès remporté par son petit roadster, la marque bavaroise a compris qu'il lui fallait changer sa démarche et utiliser cette fois tout son savoir-faire. « La Z3 n'est plus vive, vive la Z4 ? » Attendons de prendre son volant avant de nous prononcer puisque selon les premières informations officielles la dernière recrue de Munich semble s'être embourgeoisée un peu.

Par rapport au modèle précédent, le style de la Z4 est massif, directement issu de l'étrange étude X-Coupe présentée au Salon automobile de Detroit il y a deux ans. Une fois de plus, Chris Bangle est responsable de cette allure râblée, ce même styliste qui a signé l'année dernière la très controversée Série 7.

Dépourvue de tout angle vif, la carrosserie de la Z4 ne suggère pourtant pas la mollesse. Athlétique, moderne et bien proportionnée cette fois, la Z4 n'aura aucun mal à faire oublier le style plutôt baroque qui habillait le modèle antérieur. De plus, comparée aux Boxster et autres SLK, la Z4 demeure encore aujourd'hui la plus respectueuse de l'esprit roadster : long capot, porte-à-faux réduits et capote en toile. Cette dernière, de conception nouvelle, se replie toujours aussi facilement (son dessin permet même de se passer d'un couvre-capote), mais les montants arrière, passablement larges, restreignent toujours la visibilité. Bonne nouvelle cependant, la lunette arrière est chauffante et faite de verre et non de plastique.

Moteurs : le statu quo

Petite déception : les mécaniques proposées pour animer la Z4 sont identiques à celles de l'année dernière. C'est sans doute « suffisant pour s'amuser » (dixit BMW), mais sans doute pas suffisant pour défier sans crainte le propriétaire d'une Boxster? Et si, à tout hasard, l'idée vous traversait l'esprit, assurez-vous que ce ne soit pas le 6 cylindres de 2,5 litres qui ronronne sous le capot.

Même si ce moteur permet de rouler en Z4 sans casser sa tirelire, reste que ses 184 chevaux suffiront seulement à larguer une Miata? Optez plutôt pour le 3 litres. Forte de 225 chevaux, cette mécanique s'arrime cette année à une transmission manuelle à 6 rapports. Plus mélodieux maintenant que les acousticiens de la marque ont révisé son timbre de voix et toujours aussi musclé en couple, ce moteur sied mieux au tempérament de ce roadster, mais à quel prix ? L'année dernière, rappelez-vous, BMW exigeait une prime de 9 000 $. Aussi, il sera intéressant de voir la somme exigée pour obtenir la transmission à commande séquentielle (SMG) à 6 rapports, laquelle sera offerte à compter du printemps prochain. Chose certaine, cette transmission ajoutera beaucoup au plaisir de piloter.

Et elle ne sera pas la seule. En effet, la Z4 bénéficiera enfin d'une suspension arrière moderne. Cette dernière, étroitement dérivée de l'actuelle Série 3, devrait non seulement permettre d'ancrer plus solidement ce roadster au sol, mais aussi de mieux filtrer les trous et les bosses qui se répandent comme de la mauvaise herbe sur nos routes.

En quête d'équilibre

Les relationnistes de BMW se font un devoir de rappeler que le poids de la Z4 est toujours équitablement réparti entre les essieux avant et arrière. C'est très bien, mais est-elle plus lourde que sa devancière ? Motus et bouche cousue. À vérifier, car cela pourrait avoir une incidence sur les performances. En revanche, nous savons que la direction de ce roadster utilise désormais un mécanisme électrique pour l'assister et qu'elle reÇoit aussi une version évoluée du DSC (Dynamic Stability Control).

On retrouve également au rayon des nouveautés un nouveau dispositif électronique appelé DDC (Dynamic Drive Control). Ce système que l'on pourra activer à l'aide d'un bouton n'équipera que les Z4 avec la transmission automatique à cinq rapports. Il permettra une réponse plus spontanée à l'accélération ainsi qu'une démultiplication plus rapide de la direction et autorisera également des changements de rapports plus dynamiques.

Habitacle agrandi

Au moment d'écrire ces lignes, plusieurs questions sont demeurées sans réponse. Par exemple, les ceintures de sécurité nous scieront-elles encore les clavicules ? La colonne de direction s'inclinera-t-elle désormais sur deux axes (hauteur et profondeur) ? Seule certitude, les concepteurs de la Z4 nous assurent que nous ne nous sentirons plus à l'étroit à son bord. Nos bagages non plus puisque le coffre affiche une capacité maximale de 260 litres. « C'est suffisant pour y loger deux sacs de golf », m'assure l'un des porte-parole de la firme bavaroise. Plus accueillante, plus fonctionnelle, la Z4 s'est aussi enrichie d'un dispositif antiretournement, d'un système de navigation DVD avec écran escamotable et d'une panoplie de nouveaux instruments au design renouvelé. Ceux-ci sont désormais regroupés sous des visières dans le but de chasser les rayons du soleil. Voilà, c'est tout ce que nous savons.

Ne reste plus maintenant qu'à sortir l'écharpe, les lunettes de soleil et la casquette et à attendre que la Z4 nous invite à prendre ses clefs. Pour juger du travail de ses concepteurs ? Assurément, mais aussi pour prendre un grand bol d'air bien frais.

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