BMW M3, la réconciliation

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2003

La Série 3 de BMW est la grande perdante d'un match comparatif qu'elle aurait dû gagner. Du moins aux yeux de plusieurs observateurs. Les essayeurs du Guide de l'auto en ont toutefois décidé autrement. Le constructeur allemand n'a maintenant d'autre choix que de refaire ses devoirs dans un créneau où elle ne représente plus la référence. Fort heureusement, il y a la M3, la plus sportive de la gamme, qui nous réconcilie avec la famille. Pour un chroniqueur automobile, conduire, ou plutôt piloter une M3, c'est comme une récompense. Après une semaine passée à bord d'une camionnette ou d'une berline sans âme, on retrouve le bon côté de la profession. Cette sportive, car il faut vraiment parler de sportive, on la reconnaît par son imposante prise d'air sur le bouclier avant, ses roues de 18 pouces impressionnantes, son léger béquet à l'arrière et surtout par sa ligne d'échappement si imposante et si encombrante qu'elle prive la voiture d'une roue de secours !

L'habitacle, lui, est fidèle à la marque : sévère, mais néanmoins soigné. Qu'importe, tout est à la portée de celui, le chanceux, qui aura le privilège de défier cette sportive.

Le volant ajustable dans les deux sens permet d'adopter une position de conduite idéale. Les sièges sport proposent des réglages sur tous les plans. En conduite sportive, ils vous gardent bien en place. Ces éléments essentiels procurent une ambiance que seule la M3 est capable de créer. Quant à la finition, elle ne s'attire aucun reproche. L'impression de « bon marché » qui se dégage de certaines autres sportives (comme la Nissan 350Z) n'existe pas dans la M3.

Les commandes sont parfaitement localisées. Au centre de la planche de bord se trouve un bouton servant à engager le système de contrôle de la trajectoire. Un autre, à proximité, est destiné à modifier la course de l'accélérateur. Complexe, direz-vous ? La BMW s'est ajustée aux normes du marché avec tous ces dispositifs électroniques qui rendent la conduite plus prévisible et moins périlleuse, surtout en hiver.

Ajoutez à cela six coussins de sécurité pour rassurer les occupants, et tous ces éléments ont tôt fait d'engraisser la M3 d'un bon 100 kilos, par rapport au modèle de la génération précédente. Fort heureusement, le moteur (rangé sous un capot en aluminium) vient compenser cet excès de poids avec ses 22 chevaux supplémentaires.

Signalons que la M3 compte quatre places, mais, vocation oblige, la banquette arrière n'est pas particulièrement accueillante. Faut-il s'en surprendre ?

Une bête de la route

Passons aux choses sérieuses, beaucoup plus sérieuses : son comportement sur la route qui est sa raison d'être. Les puristes ne seront pas déÇus. La M3 a tout d'une voiture sport, une vraie. Le hic, c'est qu'il faut des conditions idéales pour l'apprivoiser. Qui dit conditions favorables, dit circuit fermé, idéalement une piste de course, où il sera possible de découvrir tout le charme de sa conduite? et de vous amuser sans risquer d'être piégé par les forces policières.

Première impression, le 6 cylindres en ligne est généreux et évidemment puissant. À tous les régimes, il offre une réponse cordiale, spontanée. Quelque peu discret sous la barre des 3 000 tr/min, mais déjà incisif, il se manifeste surtout entre 6 000 et 7 500 tr/min alors que les tempéraments les plus sportifs seront gâtés. À l'accélération, les réactions s'avèrent foudroyantes. La boîte de vitesses manuelle (cela va de soi) est précise et relativement rapide. Les 5e et 6e rapports doivent être enclenchés à haut régime pour exploiter toute la puissance du moteur. Qu'importe, la sonorité de l'engin, qui produit 333 chevaux, est loin d'être désagréable.

Le fameux petit bouton « sport », qu'elle partage avec la M5, contribue par ailleurs à donner une réponse encore plus franche à l'accélération. La M3 épate également par la précision de sa direction. Elle attaque les virages avec une aisance déconcertante, sans le moindre déséquilibre, et elle nous met en parfait contrôle avec le train avant. Bien chaussée, elle s'est superbement comportée dans les virages du circuit de Jerez, en Espagne, où nous avions réalisé nos premiers tours de roues lors de son introduction. Son freinage est stable, très stable même, mais on l'aurait souhaité plus résistant. Les critiques les plus sévères concernent toutefois la suspension, conÇue davantage pour les pistes aussi lisses qu'une table de billard que pour des routes mal entretenues. Beaucoup trop ferme, cette suspension s'avère très inconfortable. Sur les petites routes de campagne, la M3 se montre désagréable en raison des « ballottements » de sa caisse. Ce qui nous porte à dire que la M3 n'est vraiment pas conÇue pour le Québec !

Et il y a sa consommation d'essence, révoltante, exagérée. En fait, utilisez tous les superlatifs. Imaginez si BMW avait réalisé son projet de lui greffer un moteur 8 cylindres? Puis, pour boucler la boucle, sa facture salée n'est certes pas à la portée de toutes les bourses.

Un cabriolet, pour la forme

Le catalogue de la M3 compte également un cabriolet fort élégant qui, toutefois, trahit les qualités dynamiques de cette routière hors-pair. Comme la plupart des modèles adoptant cette configuration, la M3 cabriolet s'est soumise à des exercices de musculation pour augmenter sa rigidité. La voiture affiche un bon 20 kilos de plus, ce qui a tôt fait d'affecter son équilibre en général. Qu'importe pour les adeptes, cette version, d'une rare élégance, fait bande à part avec ses quatre places. La M3 est d'ailleurs la seule du créneau à en proposer autant. À moins que sa grande rivale Audi ne décide de donner le feu vert à la production d'une S4 cabriolet, ce qui semble de plus en plus probable.

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