Cadillac Deville, on ne voit qu'avec le coeur...

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

La Cadillac DeVille, revue et corrigée en 2000, se veut le lien parfait entre l'ancienne et la nouvelle philosophie de Cadillac. De la première, elle a conservé les dimensions imposantes, le luxe (à gogo parfois !) et une ligne somme toute banale. Mais la DeVille montre aussi certaines des plus belles qualités des nouvelles Caddy (CTS, XLR). Le dynamisme de son comportement routier et une direction précise en font foi.

Par contre, General Motors ne peut pas renier le public qui a fait de la DeVille un des chefs de file de la catégorie depuis la Coupe DeVille 1949 ! Pour cette raison, il existe trois niveaux de présentation : Base, DHS et DTS. Si le luxe est l'apanage de la DHS, la DTS se réserve l'étiquette sportive. N'allez surtout pas croire que la version de base soit démunie de ces deux atouts ! Oh que non... Au chapitre du luxe, rien de primordial ne manque, du climatiseur tri-zone au centre d'informations qui donne au conducteur une foule de renseignements en passant par la radio AM/FM/CD à huit haut-parleurs. Côté mécanique, la DeVille de base n'est pas dépourvue non plus avec son moteur V8 Northstar de 4,6 litres développant 275 chevaux (le Northstar est considéré par plusieurs comme étant le meilleur moteur jamais créé par General Motors), ses freins à disque ABS et sa transmission automatique à quatre rapports d'une infinie douceur.

La DHS ajoute quelques bonbons supplémentaires pour les amateurs de confort et offre la même fiche technique que la version de base. Mais il ne s'agit pas d'un problème, loin de là ! Les accélérations et les reprises sont impressionnantes, la tenue de route s'avère dynamique malgré un peu de roulis, la direction Magnasteer se montre plus communicative et le châssis hyper rigide ne peut jamais être pris en défaut.

La sportive de la famille

Mais il y a un peu plus... La DTS ! Elle conserve le même moteur de 4,6 litres mais à haut rendement (lire 300 chevaux) tandis que la transmission à quatre rapports se veut plus sportive. Il y a aussi la suspension active, les pneus 17'' et quelques accessoires destinés à améliorer encore le confort des occupants. Les accélérations ne sont rien de moins qu'époustouflantes avec un 0-100 km/h en 7,5 secondes et des reprises 80-120 en moins de 7 secondes. Pour une bagnole de plus de 1 800 kilos, il s'agit de données phénoménales ! Il ne faut jamais oublier que la Deville est une traction très puissante. En accélération vive sur chaussée raboteuse, l'effet de couple peut être surprenant. En temps normal, cet effet est à peu près imperceptible.

Au chapitre de la sécurité active, on retrouve toutes les assistances électroniques réservées aux véhicules de cette catégorie et des freins puissants mais peu endurants. De plus, le très intelligent système Night Vision, offert en option (à plus de 2 000 $) vaut le coût : en pleine nuit, il permet de visualiser, sur un écran situé au bas du pare-brise, des obstacles autrement invisibles à l'oeil nu. Si jamais l'improbable se produisait, les occupants peuvent compter sur les innombrables coussins gonflables et la solidité de la voiture pour déjouer les lois de la physique ! Et j'oubliais le système On Star qui veille sur vous...

Qui dit Cadillac dit aussitôt dimensions imposantes. Les nouvelles CTS et XLR se font plus raisonnables à ce chapitre mais la DeVille pèche encore un peu... C'est dans un centre-ville bondé qu'on se rend compte du gabarit imposant de sa carrosserie. Les manoeuvres de stationnement peuvent rapidement devenir cauchemardesques, mais au moins, un sonar de recul a été prévu pour la DTS (en option pour les versions de base et la DHS). Les dimensions intérieures sont, vous vous en doutez bien, considérables et le coffre arrière est de type « si-vous-parvenez-à-le-remplir-vous-serez-un-héros-national »

Aller en floride... n'importe quand !

Aborder le sujet du confort dans un article sur la DeVille, c'est un peu comme parler de dents avec un dentiste... ça peut être long ! Résumons en disant que les livrées de base et DHS reçoivent une banquette à l'avant tandis que la DTS a droit à des sièges baquets moelleux et recouverts d'un cuir de belle qualité. Mais lors de leur conception, on a oublié qu'un corps, ça glisse dans une courbe... Ces sièges sont chauffants ou climatisés dans les DHS et DTS (optionnels dans la version de base). Les trois occupants des places arrière sont particulièrement choyés avec une banquette pouvant, elle aussi, être chauffée et climatisée et, dans la DHS, recevoir un support lombaire électrique. Petite misère...

Le style du tableau de bord est à l'image de la carrosserie, c'est-à-dire un peu trop sobre à mon goût. Les principes élémentaires de l'ergonomie ont été respectés, ce qui est une réussite en soi puisque les designers avaient tellement de boutons à placer ! Sa consultation est facile et les craquements agaçants sont inexistants. Seul bémol : il y a tellement d'espaces de rangement qu'un « oublieux » de mon calibre pourrait facilement y perdre ses clés, son porte-documents et ses skis !

La DeVille devait être revue cette année mais, comme vous pouvez le constater, ce n'est pas le cas. Tout au plus, de nouvelles couleurs et quelques détails de présentation. Franchement, qui s'en plaindrait ?

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