BMW Z4, le plaisir des sens

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

La Z4 est sans contredit une voiture unique. Ses formes arrondies créent un jeu d'ombres qui lui donnera du style beau temps, mauvais temps. Style qui a cependant choqué les puristes puisque dès sa sortie, la Z4 ne s'est pas attirée que des éloges. Mais elle est une des premières de la gamme des BMW à s'inscrire dans le changement de design du constructeur germanique, et qui a conduit ce dernier à de petits chefs-d'oeuvre comme l'actuelle Série 6. Bref, la Z4 était une précurseure, et quand on la regarde comme il faut, une précurseure avec un bien joli minois.

Rappelons aussi une chose : la Z4 a été conçue pour plaire, et à en juger par les commentaires élogieux, et nombreux, que l'on entend sur le petit cabriolet. De ce point de vue, elle est une réussite totale. Et sous bien d'autres aspects aussi.

Dès le premier contact, il est facile de s'asseoir à bord, ce qui n'est pas toujours le cas avec ces cabriolets de petite taille qui nous donnent parfois l'impression de plonger davantage dans un bain que dans un habitacle de voiture de luxe. Une fois bien installé derrière le volant, votre vue plonge sur le capot moteur.

Premier défaut, normal dans ce cas, votre position de conduite est très basse. Les réglages en hauteur et en profondeur du siège et du volant permettent cependant de trouver une position de conduite idéale. Et quand on l'a, trouvé, on a l'impression de faire corps avec la voiture.

D'un strict point de vue du confort, j'aurais préféré des sièges munis d'un support latéral un peu plus généreux, surtout pour une voiture sport. En usage normal cependant, ils offrent un confort tout à fait suffisant.

Le volant, gainé de cuir et d'aluminium, est très plaisant à prendre en main, tout comme le levier de vitesses. Toutes les commandes sont simples à utiliser, faciles d'accès, et n'obligent pas à des contorsions ou à quitter la route des yeux pour pouvoir s'en servir.

Les deux grands cadrans d'indicateur de vitesse et de compte-tours sont installés et enfoncés dans la planche de bord, en profondeur. Les minuscules jauges qui les accompagnent sont pour leur part drôlement installées, en dessous des autres cadrans, et sont difficiles à consulter.

Le toit, principale commodité qui nous fait acheter la voiture, est en toile résistante. Elle contrôle bien le bruit ce qui fait que la voiture est assez silencieuse quand le toit est refermé.

Pour le replier, deux options, selon votre choix. On peut le faire à la main ou sur pression d'un bouton, selon l'option choisie. Dans ce dernier cas, le toit est plus rapide à se refermer qu'à s'ouvrir (10 secondes pour l'ouverture et seulement 5 pour la fermeture). Une idée géniale pour quiconque s'est fait rattraper par de gros nuages alors qu'il roulait sur l'autoroute. En cas de pluie c'est indispensable surtout avec les sièges en cuir!

Disposant d'une vraie lunette en verre avec système de dégivrage intégré, la capote repliée prend peu de place dans le coffre. Même complètement rangée, vous serez capable d'y installer un sac de golf, ce qui n'est pas peu dire. Ce coffre est d'ailleurs étonnamment vaste, surtout parce qu'il n'y a pas de roue de secours.

Que faire en cas d'urgence, direz-vous ? Les ingénieurs y ont quand même pensé, et ont installé des pneus équipés de flancs renforcés qui ne s'aplatissent jamais et qui permettent de rouler crevés ou fortement dégonflés.

Malgré le coffre généreux, l'espace de rangement dans l'habitacle n'est pas le point fort de la Z4. La porte du coffre à gants vous tape sur les genoux chaque fois que vous tentez d'y loger quelque chose. Une bonne excuse pour jouer sur les genoux de votre passagère, à condition, bien entendu, que cela lui chante.

Il est parti

Les considérations esthétiques et pratiques sont importantes, ça va de soi. Mais quand on achète une telle voiture, c'est d'abord pour rouler. Avec la Z4, cette portion du parcours est certainement la plus fascinante.

Le moteur 3.0i, inspiré de celui de la Série 3 qui a fait sa marque partout dans le monde, est vraiment souple et les 225 chevaux sont bien exploités grâce à une boîte de vitesse 6 rapports qui a la précision d'une montre suisse.

Le ronron du moteur est encore plus percutant quand on roule sans toit. Le plaisir, sans capote, c'est de se délecter de la sonorisation du V6, qui est une véritable mélodie grâce à un échappement unique que je soupçonne d'avoir été développé par un musicien tellement il sonne comme une musique à mes oreilles!

Une fois sur la route, on se rend compte que le train avant de la Z4 est vraiment efficace, surtout en entrée de virage. La direction électrique est précise et rapide même si l'arrière est un peu moins accroché à la route.

Votre position de conduite, assis au-dessus des roues arrière, va vous faire vibrer (dans tous les sens du terme), surtout que la suspension n'offre qu'un confort très relatif.

Et pour ceux qui ont peur en voiture, la Z4 est une véritable solution : en plus de multiples coussins gonflables frontaux et latéraux, elle est munie du contrôle dynamique de stabilité (DSC), du contrôle de freinage en courbe (CBC) et du DDC (Dynamic Driving Control). Il n'y manque que le pilotage automatique !

La Z4, c'est un plaisir pour la vue et pour l'ouïe. Il ne reste plus qu'à goûter le plaisir de la conduire.

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