BMW X3, brasse-camarade bavarois

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

Poursuivant sur la lancée du X5, BMW élargit sa gamme de véhicules sport-utilitaires avec l'arrivée du X3 qui s'inscrit dans le très étroit créneau des utilitaires sport de luxe de taille compacte. En fait, par rapport au X5, les dimensions du X3 ne sont que très légèrement réduites, le véhicule faisant seulement 10 cm de moins en longueur, et l'empattement étant plus court de moins de 2.5 cm.

Paradoxalement, les concepteurs de BMW ont tout de même réussi à faire en sorte que le X3 offre plus d'espace pour les passagers montant à l'arrière, ainsi qu'un espace cargo plus volumineux que le X5. De plus, le X3 a été conçu afin de plaire à une clientèle plus jeune et plus active, et propose notamment un système d'ancrages mobiles intégré au plancher de l'espace cargaison afin de fixer solidement des vélos ou d'autres équipements de plein air.

L'intérieur est donc plus fonctionnel mais aussi nettement moins luxueux que celui du X5. Ici, le cuir fait place au tissu ainsi qu'au plastique, et les poignées intérieures des portières semblent carrément empruntées à une simple Chevrolet Cavalier. Le tableau de bord et la console centrale ont beau être d'inspiration Z4, l'habitacle du X3 n'inspire pas le luxe comme les autres véhicules de la marque, et même la plus dépouillée des Série 3 surpasse le nouveau venu à cet égard.

Des deux moteurs proposés, le 3,0 litres rend les meilleures performances, et le nouveau système de traction intégrale xDrive, maintenant également intégré au X5, mérite nos éloges. Ce système est en effet nettement plus flexible et plus performant que celui qui équipait les modèles précédents, puisque ce dernier répartissait la motricité dans une proportion de 62 pour cent à l'arrière et de 38 pour cent à l'avant, alors que le xDrive permet une variation continue de la motricité entre les trains avant et arrière selon les besoins.

Impressions andalouses

Pour ce qui est du comportement routier, le X3 reçoit à la fois les fleurs et le pot... Mon premier contact avec le X3 s'est fait sur les routes de l'Andalousie au sud de l'Espagne à l'occasion de son lancement. Sur la route reliant Malaga à Ronda, que j'ai parcouru à plusieurs reprises au volant de véhicules différents, le X3 m'a vraiment impressionné par sa tenue de route hors du commun pour un utilitaire sport et par son freinage exemplaire. Aussi, la souplesse du système de traction intégrale xDrive et sa variation de la répartition de la motricité contribuaient partiellement à cette conduite plus inspirée. Comme le xDrive est doté d'un capteur mesurant les forces d'accélération latérale, le système entre en action et envoie plus de motricité aux roues arrière au fur et à mesure que le conducteur inscrit le X3 sur la trajectoire en virage. Le résultat, c'est que le X3 offre une conduite aussi précise qu'une berline de Série 3 malgré son poids plus élevé. Le problème, c'est que cette excellente tenue de route est doublée de sérieuses lacunes pour ce qui est du confort, ce qu'un essai subséquent en sol québécois m'a permis de constater.

ça cogne fort

Mettons les choses au clair immédiatement. Je n'ai absolument rien contre les voitures sport dont les suspensions sont calibrées avec des réglages très fermes afin d'améliorer la tenue de route, même si c'est au détriment du confort, bien au contraire. Mais quand on parle d'un véhicule sport-utilitaire, il y a des limites... Sur les routes souvent dégradées des Basses-Laurentides, la conduite d'un X3 équipé de l'option « Sport » et de ses pneus à profil bas vous donnera une bonne idée de ce que ressent un gallon de peinture fixé dans l'appareil servant à le brasser chez votre quincailler. L'image est peut-être forte, mais le confort plus qu'aléatoire du X3 dans ces conditions particulières est à peine à la limite du supportable.

Vous me direz que l'incurie de l'état québécois pour ce qui est de l'entretien du réseau routier est en grande partie à blâmer pour l'inconfort du X3 sur nos mauvaises routes, ce que je vous accorde volontiers. Cependant, il existe plusieurs autres véhicules sport-utilitaires qui ont réussi à rejoindre ces deux objectifs pourtant diamétralement opposés que sont la tenue de route et le confort, notamment le X5 également proposé par BMW... Si j'ai un conseil à donner aux acheteurs d'un X3, c'est d'oublier l'option « Sport » ce qui vous permettra d'économiser 4 900 $, l'option « Sport » ne coûtant en fait que 2 500 $ mais celle-ci devant être accompagnée de sièges en cuir, une autre option de 2 400 $, et aussi d'éviter la compression de votre colonne vertébrale.

Encore le stylisme !

En terminant, je m'en voudrais de ne pas parler de stylisme. Depuis l'arrivée de Chris Bangle en tant que styliste en chef de BMW, plusieurs des modèles qui sont sortis des studios de design ont été controversés. Je me contente de vous mentionner la Série 7 pour étayer cet avancé. Cette fois, bien des inconditionnels de la marque semblent trouver que la X3 est un peu trop sobre sur le plan esthétique. En fait, c'est surtout la partie arrière qui soulève la controverse alors que la présenttion est jugée trop fade par plusieurs. Je m'en voudrais de critiquer les goûts des autres, mais il est tout de même ironique que le plus audacieux des stylistes soit accusé de conservatisme dans le cas de la X3. Et toujours concernant Chris Bangle, il a été promu et il dirige dorénavant le stylisme de tout le groupe BMW. La suite promet d'être palpitante.

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