Mitsubishi i-MiEV, Chevrolet Volt et Toyota Prius ou Branchée, semi-branchée et débranchée!

De nos jours, les aliments bios et les véhicules verts ont la cote. À tel point que certaines personnes se sentent pratiquement coupables de manger de la salade ordinaire et de posséder une voiture qui n’est pas hybride tout au plus. Mais entre le rêve que nous font miroiter les médias et la réalité de tous les jours, il y a un monde. Il est vrai que les véhicules verts sont attrayants et il faut souhaiter qu’il y en ait de plus en plus. Mais qu’en est-il de la réalité quotidienne?

C’est pourquoi nous avons regroupé trois types de voitures écologiques afin d’en savoir davantage. On a d’abord opté pour la Mitsubishi i-MiEV, une sous-compacte 100 % électrique. Avec un rayon d’action d’environ 130 kilomètres, elle se veut la solution pour les citadins ou les banlieusards qui cherchent un moyen de transport plus écologique pour aller travailler ou vaquer à leurs occupations. C’est aussi une alternative à la voiture traditionnelle pour les régions mal desservies par les transports en commun.

Notre seconde candidate est la désormais célèbre Chevrolet Volt dont on entend parler depuis longtemps. Commercialisée aux États-Unis depuis l’an dernier, elle fait ses débuts dans notre contrée en 2012. Il s’agit d’un véhicule électrique à rayon d’action étendu. Ses piles, une fois rechargées à l’aide d’une borne 240 V ou d’une prise de 120 Volts, assurent un rayon d’action de 60 à 65 km. Puis, une fois la pile épuisée, un moteur thermique de 1.4 litre démarre et actionne une génératrice qui permet de maintenir la pile au niveau minimum et ainsi alimenter les moteurs électriques.

Enfin, il y a la Toyota Prius, une voiture hybride dont les piles n’ont pas besoin d’être rechargées à une prise de courant ou une borne. Elles le sont lorsque la voiture roule. L’énergie produite au freinage est également dirigée vers les piles. Il est possible de rouler en mode électrique sur une très petite distance pour ensuite utiliser le moteur thermique. Selon les conditions, le système fait appel au moteur électrique, au moteur thermique ou une combinaison des deux. Il s’agit d’une voiture propulsée la majorité du temps en mode thermique.

Il est important de souligner qu’il ne s’agit pas d’un match comparatif comme tel, mais plutôt d’une comparaison et d’une évaluation des trois technologies distinctes qui sont utilisées dans ces trois voitures afin d’établir leurs points forts et leurs points faibles. Chaque participant a circulé sur un circuit mixte comprenant un parcours urbain, une route secondaire et finalement l’autoroute. Nous n’avons pas fait d’évaluation chiffrée comme telle, mais plutôt déterminé les qualités et les défauts de chacune des voitures, en plus de lui attribuer une cote de désirabilité.

1. Chevrolet Volt

C’est sans doute l’une des voitures les plus controversées des cinq dernières années. Certains la qualifient de solution idéale à moyen terme, le temps de trouver des piles offrant un rayon d’action similaire aux voitures à essence et capables de se recharger rapidement. D’autres accusent GM de tricher et de prétendre qu'il s’agit d’une voiture électrique alors qu’en réalité, la Volt est une hybride « branchable ». Peu importe, une chose est certaine : les roues avant sont propulsées par un moteur électrique et non pas par le moteur à essence. Ce dernier actionne en fait un moteur électrique qui agit en tant que génératrice.

Il faut également ajouter que dès le départ, la Volt a été dessinée pour accueillir la pile en forme de T qui sert de structure à la voiture. Le poids de celle-ci aide par le fait même à la stabilité de la Volt en virage. De plus, la plate-forme de cette Chevrolet est très rigide, ce qui explique son bon comportement routier. Soulignons au passage que la silhouette a été spécialement étudiée afin d’obtenir un très petit coefficient de pénétration de l’air.

Pour réduire la friction causée par les pneus, ceux-ci sont à faible résistance de roulement, ce qui explique en partie la fermeté de la suspension. Nos essayeurs ont par ailleurs apprécié la direction : l’assistance électrique n’a pas cette imprécision souvent présente sur d’autres voitures qui possèdent une direction similaire. Un autre élément positif a été la progressivité des freins, quasiment une exception pour un système de récupération d’énergie au freinage. Toujours au chapitre des performances, nos essayeurs ont roulé sur une distance de 55 km avant que la pile ne soit épuisée. Par la suite, le moteur à essence est entré en action. Sur la route, cette Chevrolet se comporte comme une voiture ordinaire. Et si ce n’était des cadrans qui nous informent des transferts d’énergie, on croirait piloter une voiture traditionnelle. Lors de notre essai, la consommation combinée moteur électrique/moteur à essence a été de 3,5 l/100 km.

La console centrale, blanche sur notre voiture d’essai, et ses touches qui fonctionnent par effleurement ont, pour leur part, été plus ou moins appréciés. Par contre, les tableaux numériques d’affichage ont quant à eux reçu un accueil favorable, autant pour la pertinence des informations affichées que pour leur simplicité.

Chevrolet Volt: Points positifs
Silhouette élégante
Agrément de conduite
Places arrière
Pas de stress de tomber en panne de pile électrique
Conception sophistiquée

Chevrolet Volt: Points négatifs
Faible garde au sol
Quatre places seulement
Visibilité arrière
Rayon d’action électrique un peu faible
Suspension ferme

2. Toyota Prius

Elle a été la première automobile hybride à être commercialisée et à ce jour, c’est le seul modèle qui a connu du succès au chapitre des ventes avec plus de deux millions d’exemplaires vendus. Son moteur hybride est l’un des plus sophistiqués sur le marché, tout comme sa transmission à rapports continuellement variable.

En théorie, il est possible de rouler en mode électrique seulement, mais dans la pratique, c’est très difficile à faire. C’est que selon le message affiché, la batterie n’est jamais suffisamment chargée pour y arriver, ou encore on nous mentionne que les accélérations sont trop rapides. Par contre, en conduite urbaine, le moteur thermique ou le moteur électrique coupent dès que la voiture est immobilisée. Ils sont activés de nouveau dès qu’on relâche la pédale de frein. L’intérêt d’une telle voiture, c’est sans contredit l’économie de carburant qu’il est possible de réaliser, sans compter les plus faibles émissions de gaz à effet de serre. Le moteur ne fonctionne pas tout le temps et l’intervention du moteur électrique en appoint permet d’installer un moteur de plus faible cylindrée sous le capot. Et ici, pas de branchement, pas de temps de recharge, on tourne la clé et on part!

La plupart des personnes qui ont conduit cette Toyota lors de notre essai ont assez peu apprécié les matériaux et le design de la planche de bord, sans oublier que l’insonorisation a été jugée déficiente.

Malgré plusieurs autres points positifs, la Prius n’a pas semblé intéresser outre mesure nos participants pour qui la propulsion hybride est quelque chose qui, curieusement, appartient déjà au passé. Il se peut que le caractère novateur de la Volt et de la i-MiEV ait porté ombrage à cette Toyota qui, pourtant, demeure toujours bien cotée de la part du grand public. Quant à la consommation de carburant, elle a été d’environ 6,8 l/100 km lors de notre essai.

Son rayon d’action 100% électrique est fort limité, sa conduite en mode hybride est correcte, mais le faible agrément de conduite de la Prius est un spectre qui se manifeste trop souvent lorsque vient le temps de l’évaluer. Bien entendu, cette évaluation n’est pas comparative, mais force est d’admettre que la Volt a un petit quelque chose de plus.

Toyota Prius: Points positifs
Mécanique éprouvée
Excellente visibilité
Bonne habitabilité
Consommation plus que raisonnable
Réputation enviable

Toyota Prius: Points négatifs
Tenue de route
Insonorisation
Pneumatiques
Commandes complexes
Tableau de bord à revoir

3. Mitsubishi i-Miev

La voici enfin, cette Nipponne 100 % électrique. En fait, elle roule depuis plusieurs mois maintenant sur les routes du Québec puisque Mitsubishi et Hydro Québec ont mis sur pied un programme d’essai prolongé, pas nécessairement pour éprouver la mécanique et vérifier la résistance de la pile, mais afin d’acquérir des informations quant à l’utilisation de cette voiture par ses usagers.

Quant à la voiture elle-même, les ingénieurs de Mitsubishi ont visé juste quant au cahier de charges. Puisque les technologies actuelles reliées au fonctionnement des piles en sont encore à leurs premiers balbutiements, il n’aurait pas été logique de développer une grosse berline de luxe propulsée par une batterie d’une tonne. On a donc décidé de produire une petite citadine. Pour être plus efficace, la voiture est très légère et fait appel à un maximum de batteries. Elle offre ainsi un rayon d’action estimé de 130 km. Cela semble être, à ce moment, la limite réelle d’une voiture électrique dont le prix se situe entre 30 000$ et 40 000$ (avant les ristournes gouvernementales).

Compte tenu de la vocation urbaine et banlieusarde de cette voiture, il faut acclamer les quatre places, l’excellent dégagement pour la tête et un espace correct pour les bagages. À ce niveau, on considère que c’est raisonnable, car avec un rayon d’action de 130 km, les voyages restent relativement courts. Au fil des kilomètres, la i-MiEV s’est révélée agréable à conduire et elle est en mesure de rouler sur la grand-route sans crainte de ralentir les autres.

Mais il faut avoir le pied droit relativement léger en accélération pour ne pas décharger la batterie trop rapidement, car une fois celle-ci épuisée, on fait du stop. Cependant, nous avons réessayé cette voiture dans la semaine qui a suivi cet essai, et la limite des 135 km ne nous est pas apparue si dictatoriale. Mais il reste qu’il faut planifier ses allées et venues. La recharge est la simplicité même et il faut environ une nuit pour régénérer une pile complètement épuisée à l’aide d’une prise 120 Volts. Point négatif, par contre : Mitsubishi aurait dû donner au moins deux mètres de plus à la corde rallonge. De plus, même si on compte la remise gouvernementale, les plastiques de l’habitacle et la finition plutôt légère ne sont pas en harmonie avec la facture.

Mitsubishi i-MiEV: Points positifs
Accélérations nerveuses
100 % électrique
Freins progressifs
Accès à bord facile
Bonne tenue de route

Mitsubishi i-MiEV: Points négatifs
100 % électriques
Pneumatiques moyens
Sensible aux vents latéraux
Planification obligatoire de trajets de plus de 45 km
Angoisse de la panne d’énergie

En conclusion

Comme cet essai est une évaluation en parallèle, il n’y a ni gagnant, ni perdant. Par contre, à la lumière de cette expérience et des commentaires des participants, la vocation de chacune de ces voitures est assez bien caractérisée. La i-MiEV est en quelque sorte la plus écologique du lot et la plus spécialisée également. Son rayon d’action de 130 km devrait suffire pour répondre aux besoins de beaucoup de personnes, notamment les citadins et les banlieusards. Mais il ne faut pas s’imaginer qu’il n’y a que Québec et Montréal dans la province. Les résidents de villes de moyenne envergure, où les distances à parcourir sont moindres, apprécieront cette petite électrique, car son rayon d’action est moins important que dans une mégalopole comme Montréal où il faut parfois rouler plusieurs dizaines de kilomètres pour se rendre à son travail en raison de l’étalement urbain.

La Toyota Prius impressionnait il y a de cela quelques années en raison de sa technologie hybride. Celle-ci demeure intéressante, mais il existe dorénavant des solutions plus sophistiquées. De plus, sur le plan automobile, on pourrait faire beaucoup mieux : l’insonorisation reste perfectible et l’agrément de conduite est apprécié des gens qui n’aiment pas conduire.

Reste la Volt. Elle est la plus chère de notre trio et son rayon d’action en mode 100 % électrique est assez limité. Par contre, c’est la plus sophistiquée du lot aussi bien en fait de mécanique que d’esthétique. De plus, sur la route, elle s’avère performante et agréable à conduire. Pour plusieurs, c’est le meilleur compromis des trois. Mais encore une fois, cela dépend de vos besoins, de votre budget et de vos attentes. Mais si nos participants avaient eu à choisir, la Volt aurait devancé la i-MiEV de peu tandis que la Prius est celle qui les intéressait le moins.

Cet essai (et bien d'autres!) a déjà été publié dans le Guide de l'auto 2012, disponible dans toutes les bonnes librairies.

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