Acura NSX, souvenirs et performances

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2005

La Acura NSX, c'est plus qu'une simple voiture. Je ne fais pas ici allusion à ses performances qui se rapprochent davantage de bolides de course que de voitures de séries. Non, c'est plutôt l'âme derrière la NSX originale qui m'inspire. Car voyez-vous,

à l'origine, on a fait appel à un des plus grands pilotes de l'histoire, le Brésilien Ayrton Senna, alors pilote chez Honda, pour concevoir ce design particulier.

C'est vers la fin des années 1980 qu'on a demandé au triple champion du monde de formule un de contribuer au développement d'une super voiture. Aujourd'hui, 15 ans ont passé et la magie est disparue. Tout évolue très rapidement dans le monde d'aujourd'hui. La NSX, elle, n'a pas suivi. On attendait pourtant de grandes choses en 2005 pour cette voiture, mais il semble que les véritables changements ne surviendront que l'an prochain.

Car en 2003, Honda avait présenté un concept appelé HSC. Ce prototype, impressionnant, avait des lignes similaires à celles de la Ferrari Enzo. On promettait aussi de lui insuffler les toutes dernières technologies disponibles pour s'assurer d'avoir un des bolides les plus puissants de la planète.

Mieux encore, en milieu d'année Honda avait même laissé filer entre les branches que ces changements seraient en place dès le début de l'année 2005 et que la HSC, voiture concept, deviendrait rapidement la NSX, voiture de série.

Que nenni, pourrait-on dire puisqu'on a finalement décidé de reporter à l'an prochain (du moins pour le moment) l'apparition de la version plus moderne de la NSX.

Entre-temps, il faudra se contenter d'un coupé qui, bien qu'efficace, est désuet à plusieurs points de vue.

Ainsi, malgré des lignes qui ont je ne sais quoi de spectaculaire, elle manque de personnalité. Quant à l'habitacle, il est vieillot et manque de personnalité lui aussi. On se croirait dans une Civic de luxe?

En fait, ce super coupé sport deux places a un cockpit bien pensé, suffisamment vaste pour accueillir ses deux passagers sans trop les coincer, et il offre un confort tout de même intéressant en raison de sièges de cuir bien moulés, qui enveloppent littéralement le pilote et lui fournissent un appui latéral de haut niveau.

Heureusement d'ailleurs, puisque dans une telle voiture, pour pouvoir tirer le maximum de la direction et du moteur, le conducteur doit pouvoir compter sur une position de conduite impeccable, et sans reproches. Ce que la NSX propose.

Le tableau de bord est sobre (trop), bien équipé et avec une instrumentation aisée à lire et des accessoires faciles à utiliser. De prime abord, il n'y a donc que peu de reproches.

Pourtant, bien calé dans le siège, on ne ressent aucun frisson tant et aussi longtemps que l'on ne fait pas tourner le moteur. On n'a pas cette impression de se placer au volant d'une voiture assez exclusive.

La vigilance est de mise

Même au volant, la NSX ancienne version, dont nous devrons nous contenter encore une année, ne répond pas tout à fait aux exigences. Le moteur est puissant et avec ses 290 chevaux, il entraîne sans hésitation le bolide d'aluminium (carrosserie et châssis sont construits dans ce noble métal) jusqu'à des vitesses impressionnantes.

Pour y arriver cependant, le conducteur devra se concentrer avec une certaine vigueur sur le moindre geste qu'il posera puisque la NSX a conservé un petit côté indomptable. Tout simplement parce que la direction répond avec un certain retard et n'a pas ce petit côté discipliné qu'il faut pour piloter un tel véhicule.

Le train avant cherche aussi à se dérober dès qu'on sollicite un peu trop sa contribution en virage. Bref, la conduite de la NSX n'est à conseiller qu'à ceux dont les connaissances en pilotage sont au-dessus de la moyenne. Ce qui n'est pas nécessairement négatif puisqu'une telle puissance ne devrait pas se retrouver entre n'importe quelles mains.

La boîte de vitesses est une des belles réussites du véhicule. Ses six rapports sont bien étagés, et son comportement mécanique est exemplaire, un peu comme Acura a prouvé qu'il était capable de le faire dans la nouvelle TL. Avec un minimum de pratique, on enfile les vitesses sans hésitation, et elles s'emboîtent avec une aisance déconcertante.

L'autre réussite, c'est le moteur. Puissant sans excès (plusieurs autres modèles de série sont nettement plus en verve), il est d'une souplesse extraordinaire. Et quel son! Ceux qui me connaissent savent que je vibre à m'en confesser quand j'entends un moteur ronronner une jolie musique. Avec la NSX, j'ai deux rendez-vous de retard chez mon confesseur tellement la musique est agréable à mes oreilles!

Le super bolide de Acura remplit donc la commande, mais sans plus. Il a un look exotique, une ligne unique, et un vrombissement remarquable. Mais là s'arrête la réalité.

Il est encore un peu tôt pour parler de la version annoncée de cette super voiture. Chose certaine, si le modèle de série est à la hauteur de ce que le prototype propose (et on a toutes les raisons de le croire), l'attente en vaudra la chandelle puisque ce coupé 2 + 2 devrait être plus puissant, mais surtout, nettement plus proche des exigences d'aujourd'hui.

En attendant, vous êtes mieux de commencer à économiser, car le nouveau modèle ne sera certainement pas moins coûteux que les quelque 150 000 $ exigés cette année.

Partager sur Facebook

Plus sur le sujet

ActualitéLa petite histoire de l'Acura NSX
Vous l'avez lu, vous l'avez vu, nous avons eu la chance de faire l'essai, après tant d'années d'attente, de l'Acura NSX nouvelle génération. Globalement, il s'agit d'un produit plus civilisé que l'ancienne génération, mais tout de même spectaculaire, et technologique. Un peu comme Lexus a fait avec la LFA, quoi?

À lire aussi

Et encore plus

Commentaires