General Motors au Salon de Los Angeles 2011

Avec la XTS, Cadillac renaît (encore) de ses cendres...

D'abord, jetons un œil sur l'actuel portfolio Cadillac : la STS est discontinuée, la DTS tire sa révérence et ça fait déjà un bail qu'on a mis une croix sur la décapotable XLR. Pour tout dire, l'actuelle gamme Cadillac n'est composée que de trois modèles : la berline/coupé/wagon CTS, le monstre Escalade et l'utilitaire compact SRX.

Avouez, c'est assez mince pour l'une des plus vieilles marques de l'histoire automobile — marque qui, rappelons-le, a prêté son nom au fil du siècle dernier à l'expression « Être la Cadillac de... ». Mais Cadillac a bien l'intention de renaître — une autre fois, diront les mauvaises langues. Quand? Dès le printemps prochain, avec la nouvelle XTS 2013 qui vient d'être présentée en grande pompe au Salon de l'auto de Los Angeles.     Il s'agissait de l'un des plus beaux designs vus dans la Ville des Anges, si vous voulez mon avis.

Ce qu'est la XTS...

— une berline à mi-chemin entre les intermédiaires et les grandes, ce qui devrait lui donner un avantage, côté espace arrière, versus les Mercedes Classe E, Audi A6 et BMW Série 5;

— un moteur V6 de 3,6 litres à injection directe pour 300 chevaux et 264 lb-pi, une boîte automatique six rapports et, promet-on évidemment, une frugale consommation en carburant; c'est aussi la suspension Magnetic Ride et les freins Brembo de série (!);

C'est enfin — et surtout — la techno futuriste mentionnée en introduction. Le CUE (pour Cadillac User Experience) se targue d'être plus intuitif que les IDrive de BMW et Sync de Ford.

« Cue » voulez-vous dire?

En gros, cette toute première application Cue chez GM permet la reconnaissance vocale avancée, c'est-à-dire sans phrases apprises par coeur. Une conversation — en anglais, pour le moment — devrait suffire pour que le système comprenne la demande.

Question de ne pas inonder le conducteur d'infos, le grand écran central de 8 pouces demeure au repos... jusqu'à ce qu'il sente une main s'approcher. Cette reconnaissance gestuelle, rendue possible grâce à un capteur de proximité, lui donne alors le feu vert pour afficher tout son bataclan. Et ce bataclan, on peut le manipuler comme sur son téléphone intelligent, avec les menus déroulants et les pages à agrandir du pouce et de l'index. Avec, en prime, le mode haptique, cette tendance de toucher virtuel lancée par Lexus l'an dernier.
Oh, le Cue permet même de garder le contact avec son réseau social par le biais de textos (SMS) et de messages multimédias (MSM) préenregistrés. Peu sécuritaire pendant la conduite, vous dites? « Ça l'est plus que si le conducteur le fait sur son cellulaire — ce qu'on sait qu'il fera de toute façon », rétorque Jeff Massimilla, directeur du programme Cue.

Ce que n'est pas la XTS

— La XTS n'est pas à propulsion, elle se contente de roues tractées. Elle aura cependant droit à l'optionnelle traction intégrale Haldex avec différentiel à glissement limité, pour transiger la puissance de l'avant vers l'arrière, de même qu'entre les roues arrière — un peu comme Acura, finalement.

— certes, son design extérieur en jette, avec les lignes tranchées au couteau si chères à Cadillac, mais qui s'assouplissent ici dans une élégante silhouette au toit plongeant, rappelant les coupés. Toutefois, l'habitacle manque indéniablement de punch. Cadillac dit vouloir rester dans la simplicité, mais... est-ce bien volontaire? Une chose est sûre : il faut y regarder par deux fois avant d'apercevoir, sur les sièges en cuir, l'audace des surjets... mauves.

— enfin, la XTS ne mise pas autant sur la conduite sportive que le fait la CTS — et, doit-on le spécifier, la concurrence allemande. « Ici, un peu comme de la musique classique, il est plutôt question de confort et d'insonorisation », dit l'ingénieure en chef, Sheri Hickok.

Et là, vous êtes censés dire...

Et c'est là que vous êtes censés dire : « Eh bien quoi, il va falloir décider : s'adresse-t-on aux jeunes qui mangent de la techno... ou aux têtes blanches qui priorisent le confort? » C'est qu'à ainsi chasser deux opposés, la Cadillac XTS (qui sera construite à Oshawa, Ontario, soyons chauvins un brin) risque de se retrouver entre deux chaises. Mais bon, il fallait bien le lancer, ce CUE. Et vite, avant que la concurrence ne le rattrape.

On sait d'ores et déjà que ça n'en restera pas là : une petite Cadillac ATS 2013 s'en vient, elle aussi pour 2012 (nul doute qu'elle sera dévoilée à Detroit en janvier). Et des rumeurs persistantes font état d'une encore plus grande berline. Sauf qu'entre vous et moi et la boîte à beurre, il lui faudra en jeter un peu plus, à celle-là, si l’on veut que Cadillac retrouve sa gloire d'antan.

Chevrolet Spark

GM n'avait pas que la Cadillac XTS à présenter au Salon de l'auto de Los Angeles. On y a également vu sa Chevrolet Spark, qui doit faire son arrivée chez les concessionnaires canadiens l'été prochain. Pensez plus petit que Sonic, mais plus spacieux que les Smart fortwo et Scion iQ qu'elle entend concurrencer. Sous le capot : un petit quatre cylindres de 1,2 litre pour à peine 85 chevaux. Construite en Corée du Sud (ouais, comme les anciennes Daewoo et feu la Chevrolet Aveo), celle qui roule déjà en Europe et en Asie nous sera offerte en coloris Salsa, Jalapeno, Denim ou Limonade Rose (!)

Chevrolet Camaro ZL1

Toujours à Los Angeles, il y avait enfin la Chevrolet Camaro décapotable ZL1. Ce qu'il faut en savoir, en trois lignes? V8 suralimenté de 6,2 litres (non, ce n'est pas le moteur de la Corvette, plutôt celui des Cadillac CTS-V) pour 580 chevaux, soit le Nürburgring en 7 min 41 sec.

Lorsque nous avons fait remarquer à Al Oppenheiser, ingénieur chargé des propulsions chez GM, que la Mustang Shelby GT venait tout juste de grimper à 650 chevaux, il a répliqué, du tac au tac : « Vous verrez que celle-là ne s'essayera pas sur le Nürburgring — elle sait très bien qu'elle ne peut pas nous battre. »

Voilà, le défi est lancé...

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