Mazda6 2011: Méconnue – et pourtant…

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Quelle méconnue, que cette Mazda6 ! De toutes les berlines intermédiaires du marché, elle est sans doute la plus pimentée, celle qui transmet la meilleure connexion avec le bitume et qui peut le plus prétendre au titre de sportive.  Comment se fait-il qu’on n’en voit pas davantage sur nos routes ?

Si vous avez l’occasion de réunir une dizaine de berlines intermédiaires en un seul endroit et de les piloter les unes après les autres pendant toute une journée, votre coup de coeur, côté conduite dynamique, ira à la Mazda6. Cette dernière hérite de l’une des suspensions les plus fermes – vraiment ferme en variante GT – de toute la catégorie, sans pour autant être une « cogneuse ». Voilà qui lui permet un comportement athlétique, même avec le « petit » quatre cylindres (2,5 litres).

Cette motorisation est particulièrement plaisante à faire réagir avec la transmission manuelle six vitesses – vous savez que les boîtes manuelles de Mazda sont parmi les mieux réussies de toute l’industrie… Les petits 170 chevaux se débrouillent de belle façon pour propulser la voiture sur routes sinueuses, et ce, sans roulis.  En piste, la voiture colle exceptionnellement au bitume, au point de faire rougir les autres concurrentes dont les amortisseurs n’ont pas autant de retenue.

Le quatre cylindres avant tout

Ceci dit, la Mazda6 quatre cylindres équipée de la boîte automatique (cinq rapports) donne quelques fils à retordre en démarrage brusque ou lors d’une montée abrupte. Son comportement souffre d’une indésirable petite lenteur et le conducteur est appelé à jouer des passages manuels s’il veut s’en tirer avec les honneurs.

La direction à crémaillère (fiou, on ne fait pas encore dans l’électrique chez Mazda !) est des plus plaisantes à manier et ce n’est pas qu’en raison du volant sportif qui se prend bien en main ; la connexion est directe avec la route et son ajustement est de bonne résistance. On encense également le tout petit rayon de braquage (10,8 mètres) qui permet des manoeuvres aisées en stationnement.

Versus la première génération lancée en 2004, la Mazda6 dotée du moteur V6 (3,7 litres) est nettement plus docile qu’auparavant, un peu comme si on l’avait… américanisée. Certes, ses 272 chevaux ne manquent pas d’air et les reprises sont dynamiques, transigées par une boîte automatique six rapports avec mode manuel. Même sans traction intégrale (ça aussi, c’était l’apanage de la MazdaSpeed 6…), la voiture se fait rassurante sur une route de gravier tortueuse.

Reste que le « vroum-vroum » est pas mal moins au rendez-vous avec le V6 qu’avec le moteur de base et du coup, le comportement général se fait plus générique. C’est pourquoi notre recommandation va à la version quatre cylindres (GT, de préférence) qui, bien sûr, consomme moins – mais qui le fait quand même un peu plus que la concurrence. Après tout, c’est du Mazda…

Elle a du... coffre!

Visuellement, la Mazda6 profite d’un design extérieur parmi les plus élancés de la catégorie. La personnalité esthétique tire son inspiration de la sportive RX-8 et de la musclée CX-7, ce qui lui va très bien. Même plus de trois ans après son arrivée, l’intermédiaire à l’allure de culturiste continue de se démarquer dans le paysage automobile. Allez savoir pourquoi, c’est la Mazda6 qui offre l’un des plus vastes coffres : 469 litres, c’est non seulement nez à nez avec la Ford Fusion, mais c’est 10 % plus que pour la Toyota Camry et… presque 20 % de plus que pour la Honda Accord. Au contraire, et curieusement, l’habitacle fait sentir ses occupants à l’étroit.

Quoi qu’il en soit, même si c’est limite pour la tête, les grands de six pieds trouvent néanmoins leur compte sur la banquette arrière. Aussi, un bon mot pour l’instrumentation illuminée de bleu et d’orangé, qui vient traduire à l’intérieur toutes les prétentions sportives affichées à l’extérieur. Lorsque le cuir est choisi, on a droit à un revêtement plus relevé que ce qui se fait généralement dans le segment.  Et si l’insonorisation laisse passer quelques bruits de vent au pare-brise, l’ensemble de l’oeuvre profite d’une bonne qualité de matériaux et d’assemblage.

Toujours pas de MazdaSpeed 6

La génération précédente avait eu droit à sa version Speed, une saprée sportive qu’on aimait beaucoup. Cette Mazdaspeed 6 avait le bonheur de se faire « Mini-Wheat », si je puis dire : un côté sucré avec son turbo pour les folies (en circuit fermé, bien sûr !) et un côté sérieux avec la traction intégrale pour quand les choses se corsaient. Malheureusement, toujours pas d’intentions chez Mazda de ramener cette variante de performance au sein de l’actuelle génération. Un jour, peut-être ? On le souhaite. En attendant, il serait bien que la Mazda6 de tous les jours pense à emprunter à cette feue MazdaSpeed6 les commandes de vitesse au volant et la traction intégrale, ce qui n’est pas encore le cas. Et pendant qu’on y est, peut-être que la gamme d’intermédiaires pourrait retrouver les versions familiale et à hayon qui, à la génération précédente, la différenciait de la concurrence de bien belle façon. À tout le moins, pour 2011, le système de stabilité est devenu de série pour toutes les variantes. C’est une excellente nouvelle.

Feu vert

Encore l’une des plus
jolies intermédiaires
Comportement « vroum-vroum »
L’un des plus grands coffres
de la catégorie
Enfin, le système de stabilité
est de série

Feu rouge

Variante V6 pas aussi équipée
que souhaité
Toujours pas de MazdaSpeed 6
Automatique 5 rapports
(version quatre cylindres)
On attend le passage des
rapports au volant

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