Lincoln MKT 2011: Amenez-en des Lincoln comme ça!

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Regardez-le. Regardez-le bien. Vous n’êtes pas sûr d’aimer ce style « corbillard » ? Vrai que ça frappe fort, et pas qu’au premier coup d’oeil. Mais au moins Ford/Lincoln a-t-il osé avec son MKT. Et personnellement, ça me fait sourire tout grand.

Dans un paysage automobile qui se libéralise, le MKT n’a pas hésité à jouer la carte de la diversité. Sa longue silhouette racée est coiffée d’une mégacalandre chromée au sourire carnassier à une extrémité et, à l’autre, d’un hayon bulbeux. Le design est surprenant et ça prend une grosse semaine d’essai avant de s’y faire. Et c’est pour découvrir que finalement, on ne veut plus s’en départir, de ce MKT. Dans l’habitacle, surtout en variante six passagers (2+2+2), c’est le summum du luxe avec lequel Lincoln sait maintenant y faire.

L’instrumentation est classique, invitante et d’un grand chic. Partout, on sent – que dis-je, on obtient – toutes les preuves qu’un soin particulier a été apporté afin que l’expérience soit accommodante (le mot du jour…) et concluante. On y établit vite ses repères, qu’il s’agisse de la climatisation, des commandes audio ou du système de navigation. L’assemblage est d’excellente qualité, les matériaux sont haut de gamme et l’ensemble n’a absolument rien à envier aux intérieurs germaniques tout en froide techno. On note également des sièges douillets, aux nombreux positionnements. Bravo pour ces sièges chauffants ET ventilés, même en 2e rangée…

L’insonorisation est impressionnante : assis en 3e rangée, tout à l’arrière, les passagers participent aux conversations qui se déroulent à l’avant sans avoir à tendre l’oreille. En contrepartie, ces mêmes personnes doivent composer avec un piètre dégagement en hauteur. S’ils mesurent plus de 5,5 pieds, ils doivent incliner la tête… ou se la faire couper (!). De quoi être jaloux des occupants en 2e rangée, confortablement installés dans leurs optionnels sièges capitaines : l’espace aux jambes y est si grand qu’on se croirait en classe affaire aérienne. Avec cette console centrale qui s’étire tout du long et qui abrite un réfrigérateur, c’est la grande classe. L’espace de chargement ? Un si long véhicule (5,3 mètres) en propose nécessairement un vaste : 2 149 litres toutes banquettes rabattues, entre autres parce que celle d’en arrière a la bonne idée de se replier dans le plancher.

L’Ecoboost fait des petits… puissants

De plus en plus de produits Ford/Lincoln adoptent la sauce Ecoboost et le MKT ne fait pas exception. Outre le V6 de 3,7 litres (268 chevaux) en motorisation de base, il y a le V6 de 3,5 litres biturbo et à injection directe, pour 355 chevaux et un énergique 350 lb-pi de couple. Pas de soin : avec ce dernier Ecoboost, les accélérations sont linéaires, sans tergiversation, pour un 0-100 km/h en sept secondes (données de l’AJAC), et ce, malgré un poids loin d’être plume (2 222 kilos, rouage intégral de série compris). De fait, ça déplace tellement d’air qu’on aurait voulu un indicateur de turbo – et, tant qu’à y être, un son plus grondant à l’échappement, question de coller avec cet air menaçant.

Les reprises sont athlétiques, jamais essoufflées, même quand on confie à la boîte automatique la tâche de négocier elle-même ses six rapports – ce qu’elle fait en douceur et de bon étagement. Le mode manuel est évidemment offert, mais il l’est par le biais de palettes au volant qui ne sont pas instinctives. Ces petites commandes (en plastique !) sont peu plaisantes à manipuler et elles demandent, à l’opposé de tout instinct, à ce qu’on les pousse pour rétrograder et à ce qu’on les tire pour accélérer. Conséquence : on se tanne vite.

Consommation d’essence ? Euh… en théorie, l’Ecoboost cherche à rendre la puissance d’un V8 pour la consommation d’un V6. L’idée est intéressante, mais c’est sans compter qu’avec 355 chevaux sous le pied, on se montre trop enthousiaste.  Après une semaine, notre MKT avait enregistré un combiné moyen audelà des 14 l/100 km… Le MKT partage sa plate-forme d’assemblage avec le Ford Flex, s’étirant cependant de 15 cm supplémentaires. Pour lui, comme pour l’extra-terrestre Flex, on mise sur un comportement plus dynamique qu’attendu : pas de conduite surassistée, pas de roulis au moindre virage, pas d’éléments suspenseurs trop mielleux. Au contraire, la suspension se resserre pour accorder une balade bien équilibrée. La direction est électrique, mais elle a su conserver une bonne liaison avec la route.

Apprivoisement facile

C’est sans complexe que les gadgets de l’heure montent à bord du MKT : avertisseur d’angles morts, régulateur de vitesse intelligent, stationnement automatisé… Tous ont été mis au point de façon à être efficaces et, surtout, pratiques à utiliser. Pas besoin d’en référer au manuel du propriétaire pour comprendre le MyKey ou le Sync ; l’apprivoisement est facile, toujours. Bravo pour cette caméra de recul qui a le bonheur de montrer non seulement les arrières, mais aussi d’avertir du passage perpendiculaire d’un véhicule.

Définitivement, le MKT se montre à la hauteur de sa catégorie, avec un comportement routier intéressant, un luxe moderne et des équipements de pointe. La totale, quoi ! Parti comme cela, Lincoln devrait réussir à convaincre les acheteurs de véhicules haut de gamme.

Feu vert

Style distinctif
Habitacle hyperluxueux
Insonorisation de
premier ordre
Équipements modernes
Puissant V6 biturbo

Feu rouge

Palettes au volant
peu instinctives
3e rangée : oubliez votre tête…
Consommation plus grande
qu’annoncée
2 222 kilos, c’est lourd…

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