Dodge Nitro / Jeep Liberty 2011: Sacré Clotaire !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

À la lecture de la fiche technique du duo formé par les Dodge Nitro et Jeep Liberty, il y a de quoi être impressionné : moteur de base de 210 chevaux, 235 livres-pied de couple, 5 000 livres de capacité de remorquage, rouage 4x4 à gamme basse, suspensions indépendantes modernes, pneus de 20 pouces pour le Nitro, etc. Les espoirs les plus fous sont permis…

Cependant, les Nitro et Liberty ont le crayon un peu trop enflammé. Remarquez qu’on ne traite pas ce crayon de menteur. C’est juste que lorsque tous les éléments, à première vue prometteurs, sont assemblés, on se rend compte que quelque chose cloche.

En 2007, la division Dodge accouchait d’un nouveau VUS compact, le Nitro. Superbement carrée, sa silhouette en a fait craquer plus d’un et d’une. Il ne fut pas long que nous découvrîmes un véhicule bien loin de combler les attentes… L’année suivante, dans un geste aussi incompréhensible qu’insensé, Jeep revit de fond en comble son Liberty, qui pourtant connaissait une belle carrière, en lui donnant la plupart des éléments du raté de la famille, le Nitro. Pour scraper un véhicule, les gens de chez Chrysler n’ont quelquefois pas leur pareil ! Et on se demande pourquoi cette entreprise vivote aujourd’hui…

Beaux mais incompétents

La silhouette de nos deux paumés a beau être fort réussie, il ne faut pas s’en approcher de trop près, la qualité de la finition laissant fortement à désirer. D’ailleurs, la peinture est très fière d’avoir remporté le titre de Miss Orange, tellement elle présente d’aspérités… Dans l’habitacle, le tableau de bord de l’un comme de l’autre est esthétiquement réussi, réunissant un mélange de modernité et de robustesse qui sied bien à un 4x4. Mais là s’arrêtent les compliments. L’intérieur n’est pas très grand et les occupants des places avant doivent composer avec un plancher des plus mal foutus qui leur fait toujours chercher une place où mettre les pieds. Le conducteur, lui, n’a même pas droit à un repose-pied. Les sièges sont assez confortables mais n’offrent que très, très peu de soutien latéral et les très grandes personnes pourraient trouver qu’elles n’ont pas suffisamment de dégagement. Mais même une personne normalement constituée doit se résigner à conduire avec des jambes trop rapprochées ou des bras trop tendus, la position de conduite étant probablement un élément jugé non nécessaire par les ingénieurs de Chrysler… Les gens assis à l’arrière, du moins ceux qui auront réussi à s’y rendre, devront faire avec un banc d’église. C’est sans doute la raison pour laquelle, après quelques kilomètres, ils se mettent à prononcer des mots religieux… Le coffre est assez grand et le fait que le dossier des sièges se rabatte à plat ajoute à sa polyvalence. D’ailleurs, il y a un bon bac de rangement sous le plancher mais il ne peut contenir un bidon de lave-glace.

Côté moteur, le Liberty (un nom cher aux Américains et complètement ridiculisé par Jeep) et le Nitro (qu’on aimerait faire sauter) font appel à un V6 de 3,7 litres dont les performances sont nettement plus audibles que véloces. Tenter d’extirper le moindrement de plaisir de ce moteur revient à tenter de déplacer le barrage de Manic 5 avec un tracteur à gazon. En plus, son appétit en carburant est plutôt élevé. Le Nitro, pour tenter de se sortir de cette vie de misère, s’accroche aussi à un V6 de 4,0 litres carrément plus performant et qui consomme à peine plus que l’autre, c’est-à-dire quand même beaucoup. Il faut ici dire merci à la transmission automatique qui, lorsqu’associée au 4,0 litres, comporte cinq rapports, soit un de plus qu’avec le 3,7.

Choisir entre : pourri, lamentable ou infect

Alors, le choix est évident, non ? Et non, il n’est pas évident que le Nitro 4,0 litres est le véhicule à se procurer entre les deux. Si vous aimez les suspensions de Massey Ferguson 1913, par contre, il vous comblera d’aise! Celles des versions dotées du 3,7 litres, sont, au contraire, tout à fait… (Choisir un des qualificatifs ci-haut mentionnés.) On aura deviné que la conduite de ces mésadaptés est loin d’être celle d’une Porsche Boxster ! La caisse des Liberty et Nitro de base penche indûment à la moindre courbe. Sans parler de comportement sportif, le Nitro 4,0 litres s’avère plus agréable à conduire… sur une route en parfait état. Si, au moins, la direction était correcte! Je vous laisse le soin de choisir un des deux adjectifs qui reste pour la qualifier. Quant aux freins, ils sont tout simplement… (Choisir.) Les distances d’arrêt ne sont pas beaucoup plus longues que les autres modèles de la même catégorie, mais rarement ai-je vu une pédale aussi mal dosée et mal placée. Bref, les freins sont à l’image du reste…

Le Jeep, comme son nom l’exige, propose un rouage intégral plus performant que celui du Nitro avec sa gamme basse et se mérite même la mention « Trail Rated ». Cependant, la plupart des gens se satisferont parfaitement de l’intégrale du Nitro.

Alors que plusieurs produits du Groupe Chrysler connaîtront des changements assez importants d’ici quelques mois, rien ne semble être prévu pour notre « duo d’humoristes ». On chuchote que le Nitro ne serait disponible qu’avec le 4,0 litres et que ses suspensions seraient nouvelles et sportives (en constatant ce qu’ils ont fait avec l’ancienne, ça fait peur !) Le Liberty, lui, ne connaîtra aucun changement. À suivre… de loin. À la lecture de la fiche technique du duo formé par les Dodge Nitro et Jeep Liberty, il y a de quoi être impressionné : moteur de base de 210 chevaux, 235 livres-pied de couple, 5 000 livres de capacité de remorquage, rouage 4x4 à gamme basse, suspensions indépendantes modernes, pneus de 20 pouces pour le Nitro, etc. Les espoirs les plus fous sont permis…

Cependant, les Nitro et Liberty ont le crayon un peu trop enflammé. Remarquez qu’on ne traite pas ce crayon de menteur. C’est juste que lorsque tous les éléments, à première vue prometteurs, sont assemblés, on se rend compte que quelque chose cloche.

En 2007, la division Dodge accouchait d’un nouveau VUS compact, le Nitro. Superbement carrée, sa silhouette en a fait craquer plus d’un et d’une. Il ne fut pas long que nous découvrîmes un véhicule bien loin de combler les attentes… L’année suivante, dans un geste aussi incompréhensible qu’insensé, Jeep revit de fond en comble son Liberty, qui pourtant connaissait une belle carrière, en lui donnant la plupart des éléments du raté de la famille, le Nitro. Pour scraper un véhicule, les gens de chez Chrysler n’ont quelquefois pas leur pareil ! Et on se demande pourquoi cette entreprise vivote aujourd’hui…

Feu vert

Allure sympathique
Bonnes capacités de remorquage
Prix corrects
4x4 sérieux (Jeep Liberty)

Feu rouge

Inconfort notoire
Consommation à pleurer
Moteur 3,7 litres exécrable
Finition incompétente
Valeur de revente malsaine

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