Dodge Challenger 2011: Design pur rétro

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

C’est en s’inspirant de l’inoubliable Challenger des années 1970 et 1971, qui sont de nos jours très recherchées par les collectionneurs, que les stylistes de Dodge ont créé cette version contemporaine de l’un des plus célèbres muscle cars de la belle époque des voitures américaines. Si le style est pur rétro, la technique est résolument moderne puisque la Challenger, comme la Charger d’ailleurs, a été élaborée à partir de la plate-forme LX développée pendant la période de l’alliance entre Mercedes-Benz et Chrysler.

À peu près tous les baby-boomers se souviennent avec nostalgie du film Vanishing Point (Point Limite Zéro en français) où une Dodge Challenger R/T 1971 blanche tenait le rôle principal, son pilote Kowalski (joué par Barry Newman) étant relégué au second plan. On pourrait facilement qualifier ce film-culte de tout premier road movie. Il faut savoir qu’à l’époque, les produits Dodge avaient la cote auprès des amateurs de performances. Non contente de proposer des voitures au style exceptionnel, Dodge leur implantait des mécaniques d’enfer, de gros V8 de 400 et 440 pouces cubes. Il y avait aussi le fabuleux 426 Hemi qui faisait des Challenger, Charger et Plymouth ‘Cuda de véritables voitures de « drag » légales.

Un examen attentif des lignes de la Challenger contemporaine nous permet d’apprécier le fait que les designers ne se sont pas simplement contentés de reproduire le modèle des années 1970, mais bien de réinterpréter le concept initial pour le mettre au goût du jour. Le résultat est probant et la nouvelle Challenger respecte la filiation avec l’originale tout en conservant les proportions classiques du modèle. Pour le millésime 2011, la Challenger reçoit une calandre inférieure inversée par rapport à ses prédécesseures. C’est du côté de l’habitacle où le clivage est plus marqué entre les deux modèles, puisque la planche de bord de la voiture d’aujourd’hui est réalisée avec un style inspiré des autres modèles de la marque, mais dont les plastiques ne sont malheureusement pas de grande qualité. En fait, il n’y a que le volant beaucoup trop grand qui rappelle le modèle original. Les sièges avant sont confortables mais pourraient offrir un peu plus de soutien latéral en virage, alors que les passagers s’assoyant à l’arrière devront faire preuve d’une certaine flexibilité pour monter à bord et trouveront l’assise de la banquette un peu courte. Il est également étonnant, considérant la vocation première de cette voiture, que les concepteurs aient pensé à doter la Challenger de dossiers rabattables aux places arrière. Ainsi, le volume de chargement peut être augmenté au besoin. Il faut admettre que cela donne à la voiture un certain côté pratique insoupçonné.

De 290 à 480 chevaux

La Challenger peut être animée par trois moteurs et la puissance livrée à la route passe presque du simple au double entre le V6 Pentastar et le V8 Hemi de 6,1 litres qui équipe le modèle SRT8 et dont la puissance est portée à 480 chevaux pour le modèle 2011 qui recevra également une boîte automatique à huit rapports développée conjointement par Chrysler et ZF. Entre ces deux extrêmes se trouve le V8 de 5,7 litres du modèle R/T qui déballe 376 chevaux et un étonnant 410 livres-pied de couple.

Conduire la Challenger SRT8 sur la route, c’est un peu comme revivre la belle époque où la puissance faisait foi de tout, mais avec un degré de civilité relevé d’un cran par rapport au modèle original et surtout, une tenue de route qui est à des années-lumière de celle du modèle des années 1970. Le fait que le modèle actuel soit doté d’une suspension indépendante à l’arrière joue pour beaucoup dans le comportement routier de la Challenger dont le facteur limitatif en ce qui a trait à la tenue de route est son poids très élevé de près de deux tonnes, ainsi que sa direction qui ne renvoie pas autant de feedback que l’on aurait souhaité. Par contre, une fois bien inscrite en courbe, le sous-virage est limité et il est même possible de faire décrocher le train arrière à l’accélérateur pourvu que l’on ait préalablement désactivé les systèmes électroniques de contrôle de la motricité et de la stabilité. Les liaisons au sol sont assurées par des amortisseurs de marque Bilstein, lesquels font un très bon travail puisque le confort n’est pas trop affecté par les routes dégradées, et les freins surdimensionnés en provenance de chez Brembo se sont avérés très efficaces, ce qui est évidemment souhaitable compte tenu de la puissance livrée par le V8 et le poids élevé de la voiture. Du bon boulot, dans l’ensemble.

Depuis la déroute de Chrysler et sa prise de contrôle par le groupe Fiat, l’avenir de ce modèle marquant de l’histoire de la marque est pour le moins incertain. Néanmoins, ça n’empêche pas les amateurs d’en faire l’acquisition, d’autant plus que la division Mopar ainsi que plusieurs équipementiers proposent toute une série de pièces et d’accessoires permettant de personnaliser la Challenger ou d’en augmenter le niveau de performance. Mais force est d’admettre que dans le merveilleux monde des muscle cars, seule la Mustang jouit d’une longévité continue alors que les Challenger et Camaro sont déjà disparues du paysage automobile pour ensuite renaître de leurs cendres. À la lumière des investissements qui sont aujourd’hui commandés par le développement des nouvelles générations de modèles existants, il est loin d’être sûr que la Challenger sera renouvelée après le cycle de vie du modèle actuel.

Feu vert

Moteurs performants
Confort de roulement
surprenant
Style réussi
Sièges avant confortables

Feu rouge

Poids élevé
Gabarit imposant
Qualité des matériaux
habitacle
Visibilité arrière

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