Volvo S60 2011: Enfin du nouveau !

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Il faut avouer que la Volvo S60 était sur la voie de desserte depuis les dernières années si on regarde les chiffres de vente par rapport à ses rivales, alors le temps commençait à faire inévitablement son effet. Il faut aussi comprendre que cette génération a connu un cycle de vie extrêmement long, soit dix ans, élément n’aidant pas sa cause. Quoi qu’il en soit, 2011 nous apporte du sang neuf chez Volvo avec l’apparition d’une toute nouvelle S60 qui, à première vue, devrait certainement raviver l’intérêt des consommateurs.

Il faut avouer que le constructeur n’a pas eu toute l’attention méritée au cours des dernières années alors que Ford vivait une période plus que difficile. D’ailleurs, la plus récente S60 nous arrive pendant que le constructeur suédois se retrouve en période de transition avec son passage de Ford vers ses nouveaux propriétaires chinois, Geely. Voilà un autre élément qui explique en bonne partie le ralentissement des activités de Volvo.

Du reste, la Volvo S60 a la difficile mission de rivaliser dans le segment des berlines de luxe d’entrée de gamme aux côtés de véhicules telles la BMW de Série3, l’Audi A4, la Mercedes-Classe C, ainsi que Lexus avec la IS et Infiniti avec la G. C’est tout un défi dans un contexte où les ténors germaniques se livrent une bataille sans merci, sans oublier que chez les voitures de luxe, le prestige du logo joue bien souvent un rôle important. Après dix ans de « gestation », on se serait attendu à une nouvelle S60 plus que peaufinée et susceptible de changer la donne dans son segment, mais on constate que certains éléments ou décisions ne lui faciliteront pas la vie chez nous…

Une seule version offerte

Tout d’abord, tandis que la concurrence exhibe des gammes étendues incluant diverses configurations (coupé, cabriolet, familiale) et motorisations, la Volvo S60 n’est offerte que sous la forme d’une berline quatre portes. Qui plus est, une seule motorisation est retenue pour le Canada alors que plusieurs moteurs existent ailleurs. Volvo a décidé de proposer un seul modèle, censé correspondre aux goûts des Canadiens.

Nous avons donc droit à la Volvo S60 T6, équipée d’un moteur turbocompressé six cylindres de 3,0 litres développant 300 chevaux pour un couple de 325 lb-pi. En fait, il s’agit d’une évolution de l’ancien moteur T6, le même qui se niche dans la S80 et le XC60, mais engendrant dans le cas de la S60 quelques 20 chevaux de plus. Ce moteur est jumelé à une excellente boîte automatique à six rapports, la seule au menu, alors que le rouage intégral fait aussi partie de l’équipement de série. Dans le cas de ce dernier, voilà une décision que l’on ne peut critiquer puisque ce type de rouage s’avère très populaire chez nous.

La S60 dispose de nombreux équipements de série, notamment un toit ouvrant, un climatiseur automatique à deux zones, des sièges en cuir et chauffants en plus d’un excellent système de sonorisation. De quoi rendre le modèle très intéressant, mais le tout se traduit par une voiture un peu plus haut de gamme, donc le prix de base s’en reflète. La disponibilité d’autres versions, dont une plus abordable, aurait sans doute été très bénéfique. À ce chapitre, Volvo aurait pu nous proposer, comme c’est le cas ailleurs, une S60 équipée du tout nouveau quatre cylindres de 2,0 litres suralimenté et à injection directe, très moderne et qui, selon les dires de quelques collègues, s’avère très intéressant. Quant aux amateurs de performance, rien n’est encore confirmé, mais Volvo pourrait bien faire revivre dans le futur la S60R, histoire de rivaliser avec les bombes du créneau.

Agréable à regarder !

Au chapitre du style, la dernière génération tranche radicalement de la précédente. Si le design est très réussi, c’est grâce à Peter Horbury, le même qui a opéré la relance de Volvo dans les années 90 et qui est de retour chez le constructeur suédois après avoir été responsable du design chez Ford pendant plusieurs années.

On apprécie les lignes fluides qui donnent à la S60 l’allure d’un coupé, spécialement en raison des piliers C qui s’étirent jusqu’aux feux arrière. Voilà la nouvelle tendance : transformer les berlines en coupés. À l’avant, la calandre plongeante et plus imposante arbore la grille typique à Volvo avec sa barre diagonale. Cette silhouette améliore non seulement le coefficient de traînée, mais elle procure une excellente visibilité. Si les jantes de 17 pouces offertes de série s’avèrent réussies, celles de 18 pouces venant en option rehaussent encore plus le caractère de la voiture. Bon point également pour le choix de coloris dont certains font beaucoup plus « extraverti ». Bref, pour ce qui est du style, cette voiture se veut beaucoup plus concurrentielle. À l’intérieur, peu de reproches à faire. Volvo n’est pas le dernier venu en matière d’habitacle et on se doit encore une fois de souligner le confort exemplaire des sièges, même lors de longues randonnées. L’autre élément qui assure une position de conduite idéale, c’est la colonne de direction télescopique qui ne se contente pas que de s’ajuster de quelques centimètres. Ajoutez-y un volant sport offrant une bonne prise en main et vous obtenez un véhicule confortable à tous les points.

Le tableau de bord est identique à ce que le constructeur propose dans ses nouveaux produits depuis quelque temps, notamment la console centrale flottante. En fait, tous les intérieurs de Volvo sont très similaires. On n’a pas souvent fait de reproches à Volvo au sujet de l’ergonomie, mais cette fois, le tout n’est pas sans tache… La partie centrale s’orne d’un écran de bonne dimension, ce dernier affichant toutes les informations vitales, mais plusieurs fonctions sont contrôlées par un seul bouton dont l’utilisation demande une certaine adaptation afin d’en comprendre toutes les subtilités. On a déjà vu plus intuitif. Malgré certains défauts, vive les écrans tactiles !

Toujours la sécurité La sécurité a toujours été la marque de commerce de Volvo, mais plusieurs autres constructeurs se sont emparés du même message marketing. Les voitures modernes disposent d’une panoplie d’éléments et de système destinés à assurer notre sécurité. Difficile alors pour Volvo d’être l’unique porteur du message. Quoi qu’il en soit, le constructeur innove encore en nous proposant à bord de la S60 la seconde génération de son système City Safety. La première génération permettait de détecter les obstacles et de freiner le véhicule lorsque l’on circulait à basse vitesse en ville, mais cette fois, on a poussé l’idée plus loin avec l’ajout d’un dispositif utilisant une caméra qui pourra détecter un piéton ou un cycliste et ira jusqu’à freiner automatiquement le véhicule si vous circulez sous les 35 km/h.

Sur la route, la nouvelle S60 s’est avérée très agréable à conduire. On la sent solide et rigide, alors que la suspension offre un bon compromis en confort et tenue de route. On note une excellente visibilité à bord et cet élément maximise le sentiment de sécurité et de contrôle. Avec ses 300 chevaux, le moteur délivre amplement de puissance et la boîte automatique tire bien profit du couple et de la puissance disponible. Enfoncez l’accélérateur et le moteur six cylindres répond promptement, sans aucun délai. On a peut-être droit qu’à une seule motorisation, mais on ne peut lui reprocher de ne pas être efficace.

La nouvelle S60 ne déçoit pas, mais on se demande ce qu’elle a véritablement comme argument-choc face à la concurrence, mis à part quelques éléments. Elle réussira sans doute à faire mieux dans d’autres marchés, mais elle aura certainement plus de difficulté à se tailler une place de choix ici, au Canada. Pour le moment, il faut être un fervent de la marque afin de succomber aux plaisirs de la nouvelle S60.

Feu vert

Habitacle spacieux
Sièges très confortables
Moteur puissant
Nombreux systèmes de sécurité

Feu rouge

Une seule version offerte
Peut devenir onéreuse avec les options
Certains contrôles moins intuitifs
Image de marque… chinoise

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