Nissan Xterra 2011: Si l'Everest vous interpelle

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

C’était en 1999. Cher obtenait la première place du palmarès avec Believe, Shakespeare in Love remportait l’Oscar du meilleur film et Nissan profitait pleinement de la vague déferlante des VUS, en dévoilant son Xterra, un truck plus adapté à l’Everest qu’à l’autoroute 20. En 2006, cet infatigable baroudeur connaissait un second départ après une refonte complète et depuis, plus rien. Nous sommes donc surpris de son retour ! Complètement largué par des multisegments infiniment plus modernes, le Xterra trouve quand même preneur. Il est même surprenant de constater que durant les six premiers mois de 2010, il s’en est vendu 455 exemplaires à travers tout le Canada.

Alors, qui sont donc ces 455 personnes ? On ne peut présumer de rien, mais j’imagine (en fait, j’espère serait plus juste) qu’elles ont vraiment des besoins très particuliers en termes de hors route et des attentes bien peu élevées sur les routes… Il faut dire que Xterra est un camion comme il ne s’en fait à peu près plus. Bâti sur la plate-forme du Nissan Frontier, il est muni d’un essieu rigide à l’arrière, ce qui n’aide pas à rendre la promenade sur le bitume des plus douces. Par contre, dès que la route n’est plus, le Xterra se dévoile. Grâce à ses angles d’attaque et de départ généreux, sa garde au sol élevée, son boîtier de transfert à gamme basse et son couple moteur volontaire, il peut s’attaquer à des sentiers impraticables. Pourtant, on parle ici des versions qui ne sont même pas munies de l’ensemble Tout-Terrain qui comprend un rapport final de différentiel adapté à la conduite hors-route sérieuse, un refroidisseur de la boîte de vitesse, le contrôle de l’adhérence en pente et l’assistance au démarrage en côte. Ainsi équipé, le Xterra ne rougit pas devant les Jeep Wrangler ou Toyota FJ Cruiser. Ces trois véhicules ne possèdent pas de « Multi Terrain Response » ou autre bidule électronique du genre qui permet à n’importe quel ignare en matière de hors route d’avoir l’air brillant. Avec notre trio, il faut travailler.

Il ne faudrait pas condamner la conduite sur route du Xterra pour autant. On est, bien entendu, loin d’une sportive, mais un aller- retour Montréal-Québec à l’intérieur de la même journée ne nous laisse pas la colonne vertébrale dans un état neurovégétatif. Je dirais même que le Nissan est plus confortable que les Wrangler et FJ Cruiser. La direction, curieusement, est bien dosée et précise. Enfin, pour un 4x4 disons, car en conduite hors route, un certain jeu dans la direction est nettement préférable à une précision de modeleur. Un retour de volant après avoir heurté une roche est si vite arrivée !

Mécanique simple

Le moteur V6 de 4,0 litres est suffisamment puissant pour permettre au Xterra de s’arracher de son inertie avec un bel aplomb, dans une sonorité assez intéressante. Certes, on entend le moteur rouspéter un peu, mais une fois parti, plus rien ne semble l’arrêter ! S’il était moins assoiffé, il n’en serait que plus admiré. Deux transmissions sont au programme, soit une manuelle à six rapports, dont le maniement du levier est quasiment un plaisir, et une automatique à cinq vitesses, fort réussie. Un coup de volant trop enthousiaste fait rapidement ressortir un roulis considérable. Par contre, le soutien latéral des sièges est une agréable surprise. C’est une chance, puisqu’ils ne sont pas si confortables !

De l’extérieur, on ne peut pas dire que l’Xterra manque de caractère. Moins caricatural que le FJ Cruiser, il montre tout de même des éléments typiques des 4x4 de brousse. Par exemple, les ailes très saillantes et les nombreuses parties en PVC noir. De son côté, le hayon présente un renflement à sa gauche qui imite un jerrican ou une trousse de premiers soins. Ça tombe bien, c’est justement une trousse que l’on retrouve à l’intérieur du hayon, bien enchâssée dans ce renflement ! Il y a aussi ces feux de conduite hors route, offerts de série sur la version « Tout Terrain », placés bien en évidence sur le toit, juste devant le porte-bagages. Ces deux éléments ajoutent joyeusement au style du véhicule. En fait, le porte-bagages a une fonction aussi esthétique que pratique puisqu’il est suffisamment grand pour camoufler à la fois certains objets et le toit à deux niveaux. Astucieux. Accéder à l’habitacle demande une certaine souplesse, le plancher étant situé relativement haut. Heureusement, on retrouve des marchepieds en équipement standard, sauf sur la version Tout-Terrain où ces appendices deviendraient un handicap en hors-route. Une fois à l’intérieur, on découvre un habitacle très grand, mais dont la qualité de matériaux n’est plus tout à fait à la mode. En effet, la grande majorité des plastiques sont durs et s’égratignent juste à les regarder. Le tableau de bord est complet et très ergonomique, ce qui fait pardonner son manque d’excentricité. Curieux comment les designers peuvent créer une carrosserie déjantée et un habitacle quelconque… C’est rarement l’inverse, aviezvous remarqué ? Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on n’est plus dans le coup, s’est dit le Xterra : il propose, d’office, six coussins gonflables et, bien entendu, les systèmes électroniques du contrôle de la traction et de la stabilité latérale.

L’Xterra n’est pas pour tout le monde, mais si vous êtes un baroudeur actif, il a le potentiel pour vous plaire.

Feu vert

Hors-route phénoménal
(version Tout Terrain)
Robustesse confirmée
Relativement confortable
Style macho à souhait
Porte-bagage de toit astucieux

Feu rouge

Consommation à pleurer
Plusieurs plastiques « cheap »
Randonnée assez ferme
Accès à bord plus ou moins facile
Valeur de revente dans 4 ou 5 ans ???

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