Nissan Sentra 2011: Une trop timide en fin de parcours

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

La concurrence des voitures compactes est féroce et qui s’y frotte, s’y pique. Certaines s’y piquent plus que d’autres et c’est le cas de la Nissan Sentra, qui n’a plus le panache des premières années. Vivement sa 7e génération, qui devrait nous arriver d’ici un an ou deux…

En attendant, la Sentra souffre. Elle souffre versus la compétition, mais elle souffre aussi versus sa consoeur la Versa, une petite pas mal plus populaire qui bosse dans la même salle d’exposition. Si vous faites le test et que vous prenez place sur la banquette arrière de l’une comme de l’autre, vous découvrirez que la Versa propose davantage de dégagement aux jambes (à peine 876 mm pour la Sentra…) – et pas à peu près. Qui plus est, la Versa est définitivement plus logeable, côté cargo. Ça fait mal à la doyenne…

Rien de faux

Ceci dit, la Sentra n’a rien de faux. Vrai que son style extérieur commence à dater et ce qu’on trouvait joli il y a quelques années est devenu à la fois générique et trop timide. Mais reste que l’ensemble est encore honnête. La planche de bord est peut-être simpliste, mais elle demeure fonctionnelle et ergonomique, de sorte qu’on s’y retrouve rapidement. Aussi, on aime que le levier de vitesse soit positionné en hauteur comme pour la Toyota Matrix, à la tombée de la main.

Certes, les versions de base sont… vraiment de base, sans groupe électrique, sans ajustement en hauteur du siège conducteur (une nécessité, sinon les plus grands trouveront trop bas le plafond) et sans contrôle de traction ni système de stabilité (tous deux en option). Mais si l’on y met le prix, on peut quand même équiper la petite avec les sièges de cuir chauffants, les commandes audio au volant, la caméra de recul (!) et le système de navigation, des gâteries qui ne sont pas toujours offertes ailleurs. De fait, la Sentra se trouve tellement en fin de parcours qu’on peut décrocher davantage pour le prix que pas mal d’autres de la catégorie.

Quand même, si l’on s’en tient au minimum, côté facture, on obtient une voiture respectable, avec de bons matériaux qui sont bien assemblés (on aime le doux revêtement de tissu « suédé »), une bonne insonorisation et des sièges relativement confortables. Un seul regret : toujours pas de volant télescopique, mais c’est une lacune que la prochaine génération viendra assurément corriger. Patience…

Pensez SE-R SpecV

Côté motorisation, le quatre cylindres de 2,0 litres produit une puissance de 140 chevaux, ce qui est raisonnable lorsque distribué par la boîte manuelle (à six rapports, notez bien). Cette dernière se passe bien, malgré un embrayage assez haut qui force la réflexion plutôt que l’instinct. Par contre, la conduite est ce qu’il y a de plus neutre : la balade est rendue plus bondissante que la moyenne en raison de la poutre de torsion à la suspension arrière et dans son ensemble, l’expérience est anesthésiée par une direction électrique qui manque de connexion avec la route. C’est comme si la voiture y flottait plutôt que d’y rouler. La boîte à variation continue (CVT) qui, ici, fait office de transmission automatique, retranche encore plus de sensations et il faut s’adapter à ce style d’accélérations qui titille l’oreille sans pour autant se traduire par une vivacité convaincante. Pour sa fin de parcours, la Sentra est nettement plus intéressante dans sa livrée SE-R SpecV. Au-delà de la soupe à l’alphabet servie par ces acronymes, on se retrouve avec un quatre cylindres de 2,5 litres qui produit 200 chevaux et qui a le bonheur d’être uniquement jumelé avec une belle boîte manuelle à six vitesses rapprochées. La suspension sport surbaissée (de 20 mm) et les pneus de 17 pouces accordent une tenue de route plus dynamique et on s’amuse à transiger les rapports dans des accélérations souples – quoiqu’avec parfois un p’tit effet de couple au volant. Aussi, on aime les sièges sport, les pédales d’aluminium et l’effet visuel qu’aileron et jupes latérales lui procurent.

N’allez toutefois pas croire que la Sentra SE-R SpecV parvient à concurrencer les MazdaSpeed3 et Volks GTi de ce monde. Le zest n’y est pas complètement, la suspension en poutre de torsion n’est pas à la hauteur et, surtout, on ne nous fera pas accroire qu’une « pocket rocket » peut s’en tirer haut la main avec une direction électrique. Aussi, on se rigole des deux cadrans additionnels qui indiquent la pression d’huile et… le nombre de « g » subis, mais longitudinalement ! Faudrait quand même pas exagérer…

Reste que la petite Sentra en livrée sportive est plaisante à manoeuvrer et même si elle n’a pas l’envergure ou encore l’aplomb des deux autres, elle montre suffisamment les dents pour qu’on ait envie, encore et encore, de la tester en accélérations et en virages serrés. Bref, la découverte vaut la peine. Oh, un dernier conseil : oubliez la SE-R tout court. Le moteur de 2,5 litres n’y développe que 177 chevaux et la variante est uniquement livrée avec la transmission CVT. Même le passage des rapports (virtuels, bien sûr) au volant ne parvient pas à mettre assez de piquant là-dedans…

Feu vert

Caméra de recul en option
Système de navigation possible
Bonne insonorisation
Variante SE-R SpecV : la découverte vaut la peine
Planche de bord fonctionnelle

Feu rouge

Espace aux jambes arrière :zéro pis une barre…
Pas de volant télescopique
Contrôle de traction en option (version de base)
Direction électrique anesthésiante

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