Mitsubishi Endeavor 2011: Savoir rester ou ne pas savoir partir ?

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

Ce n’est pas parce que l’Endeavor est l’un des VUS intermédiaires les plus discrets dans le paysage automobile québécois qu’il n’a pas de qualités. Bien au contraire! Lors de son dévoilement en 2004, il avait même été l’un des coups de coeur du Guide de l’auto. Sa silhouette tourmentée et le réseau ténu de Mitsubishi constituaient cependant des bémols majeurs. Depuis, sa carrosserie a été modernisée et Mitsubishi compte maintenant une trentaine de concessionnaires… mais l’Endeavor ne se vend toujours pas !

Maudit raffinement

Une des raisons principales de cet échec vient plutôt de la concurrence qui a la mauvaise habitude de toujours se raffiner, un élément qui manque cruellement à l’Endeavor. Les lignes ne sont pas laides du tout, mais avouez qu’elles commencent à dater face aux nouveaux Chevrolet Traverse, Kia Sorento ou Mazda CX-9. Et la qualité très, très ordinaire de la peinture de quelques exemplaires vus ici et là ne plaide pas en sa faveur. Dans l’habitacle, vaste, c’est encore plus évident. Le volant, selon votre journaliste préféré, n’est pas très joli mais c’est surtout l’écran central, qui autrefois accueillait le système GPS, qui détonne. Il ne sert plus maintenant qu’à informer sur certains paramètres du véhicule. Posé — foutu serait plus juste — en plein milieu du tableau de bord sans aucune recherche stylistique, il semble toujours prêt à entrer dans son réceptacle. Mais non, il est malheureusement fixe. D’un autre côté, la qualité d’assemblage est très correcte, les diverses commandes sont simples à comprendre et à manipuler et les jauges, bleutées la nuit venue, sont du plus bel effet. Une bonne note également pour le système audio Rockford Acoustic Design. Les sièges sont confortables et une bonne position de conduite se trouve aisément même si le volant n’est pas ajustable en profondeur. Les gens montant à l’arrière ne seront pas en reste avec de l’espace à revendre et une banquette au confort surprenant. Contrairement à la concurrence, Mitsubishi n’offre pas de troisième rangée, ce qui est quasiment une bénédiction quand on voit ce qu’ils ont fait avec celle de l’Outlander… Le coffre est vaste et bien aménagé et la vitre du hayon ouvre séparément, ce qui permet de transporter plus facilement de longs objets.

Moteur juste mais bon

Côté mécanique, on ne s’est pas trop cassé le coco. On retrouve un seul moteur, une seule transmission et un seul rouage. Le V6 de 3,8 litres n’est pas très puissant mais son couple élevé compense. Comme l’Endeavor pèse près de 1 900 kilos, on serait en droit de s’attendre à des performances diminuées. Pourtant, le 0-100 est parcouru en 9,1 secondes, ce qui n’est pas mal du tout. Lors de telles accélérations, le bruit dans l’habitacle devient passablement élevé. Signe que ce Mitsubishi a de l’âge, sa transmission automatique ne comporte que quatre rapports alors que de nos jours, les boîtes à cinq rapports commencent à être obsolètes… Mais il faut avouer qu’elle travaille fort bien même si son mode manuel n’est utile que lorsqu’on remorque une charge, laquelle ne doit pas dépasser 3 500 livres (1 588 kilos). Depuis l’année dernière, les versions à traction sont abandonnées. Il reste un rouage intégral assez primitif mais qui, lui aussi, fait bien son boulot. Comme celui de ses principales rivales, il ne possède pas de démultipliée, ce qui empêche l’Endeavor, malgré ses airs costauds, d’affronter l’Everest. Il ne faudrait pas, non plus, croire qu’il est à l’égal de ceux qui équipent les Mitsubishi de course qui ont gagné à peu près tout ce qui peut se gagner en rallye. Bref, un rouage intégral, une transmission à quatre rapports seulement et un véhicule lourd, ça se traduit par une consommation assez élevée, selon les standards actuels.

Le châssis fait preuve d’une belle rigidité et les suspensions privilégient le confort au détriment de la tenue de route. Une conduite le moindrement sportive amène beaucoup de sous-virage tandis que la caisse penche passablement. Cependant, lorsqu’on respecte les limites de l’Endeavor, on découvre un véhicule agréable à conduire malgré une direction un peu trop vague. Ce n’est qu’au passage de bosses ou trous (en nombre équivalent sur notre réseau routier !) que les suspensions indépendantes aux quatre roues semblent perdre de leurs moyens et deviennent alors plus dures. Les freins, de leur côté, n’affichent pas le mordant désiré même si les distances d’arrêt sont très correctes.

L’Endeavor, comme on vient de le voir, n’est pas un vilain véhicule. Certes dépassé en termes de style et de mécanique, il présente tout de même de belles qualités. Mais il est évident que Mitsubishi a soit lancé la serviette, soit s’apprête à dévoiler une deuxième génération. Si cette dernière option est retenue, il est à peu près certain qu’un moteur plus puissant, la transmission très sophistiquée de l’Outlander XLS et un aspect plus moderne — particulièrement dans l’habitacle — seraient à l’ordre du jour. Pour l’instant, l’Endeavor se démarque surtout grâce à des vendeurs motivés à voir leurs quelques exemplaires sortir de leur salle d’exposition !

Feu vert

Lignes originales
Habitacle confortable
Excellente garantie
Comportement routier sans histoire
Performances correctes

Feu rouge

Design du tableau de bord controversé
Transmission dépassée
Consommation assez élevée
Valeur de revente dramatique
Véhicule en fin de carrière

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