Audi Q7 2011: Suralimentation intégrale au menu

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2011

La marque aux quatre anneaux a bien fait en ajoutant l’an dernier un premier diesel à la motorisation nord-américaine du Q7 en plus de rafraîchir sa carrosserie. À sa quatrième année, le grand utilitaire de luxe d’Audi pouvait enfin donner le change à ses rivaux allemands avec une équation consommation/performance nettement meilleure. Les ingénieurs d’Ingolstadt poursuivent leur besogne en remplaçant les moteurs à essence atmosphériques par une paire de V6 plus performants et moins gloutons, en plus de présenter un V6 diesel plus léger et puissant.

Audi est parfaitement dans le ton en mettant à la retraite le V8 de 4,2 litres et le V6 de 3,6 litres qui équipaient le Q7 depuis son lancement en 2007. Surtout en leur substituant des moteurs de plus faible cylindrée, lesquels sont plus écolos et performants grâce à la magie combinée de la suralimentation et de l’injection directe.

Ces deux V6, dont l’appellation officielle est 3.0 TFSI, portent leurs cylindres à un angle de 90 degrés. Entre les deux rangées se trouvent un compresseur de suralimentation et deux échangeurs thermiques qui refroidissent l’air d’admission pour produire du muscle avec plus de constance. La version la plus sage et la moins chère livre 272 chevaux et 295 lb-pi de couple. C’est huit chevaux de moins mais presque trente livres-pied de couple en plus que l’ancien V6 atmosphérique, avec 0,6 litre de cylindrée en moins. Le constructeur affirme que le Q7 équipé de ce moteur peut atteindre 100 km/h en 6,9 secondes, ce qui se compare plus qu’avantageusement aux 8,6 secondes du Q7 mû par l’ancien V6 à essence.

Le plus performant des deux nouveaux V6 compressés équipe le modèle Sport et ses cotes sont de 333 chevaux et 325 lb-pi de couple. Il s’agit essentiellement du même moteur que dans la berline S4, axé sur le couple et la souplesse plutôt que sur la performance pure. Audi promet quand même un 0-100 km/h de 6,9 secondes dans le Q7 Sport, ce qui serait nettement mieux que les 8,5 secondes que nous avions enregistrées avec l’ancien Q7 à V8 de 4,2 litres.

Élément-clé : une nouvelle boîte automatique
Les gains en efficacité et en puissance de ces nouveaux moteurs seraient moins nets si tous les Q7 n’étaientdotés d’une nouvelle boîte de vitesse automatique à 8 rapports. Au tour d’Audi d’égaler Lexus dans cette course au nombre maximum de rapports que se livrent les marques de luxe en passant d’un coup de six à huit.

Grâce à cet étagement plus grand, la nouvelle boîte Tiptronic améliore les accélérations en minimisant les chutes de régime entre les rapports mais réduirait aussi la consommation de 5 %. Pour la créer, les ingénieurs ont ajouté un module de sélection à l’ancienne boîte à six rapports. Le carter est un peu plus gros mais l’ensemble est malgré tout un peu plus court, grâce à de nouveaux convertisseurs de couple plus étroits. Il est même plus léger de 11 kilos.

Toutes les autres fonctions et composantes ont été optimisées, entre autres pour que les convertisseurs de couple soient verrouillés le plus possible pour limiter les pertes par glissement. Chaque moteur dispose de sa propre version de la nouvelle boîte à 8 rapports, y compris le V6 diesel.

Le diesel progresse aussi

Les inconditionnels du diesel sont d’ailleurs gâtés puisque le Q7 profite désormais de la deuxième génération du V6 TDI de 3 litres. Ce nouveau moteur produit 240 chevaux, soit 15 de plus. Statu quo pour le couple à 405 lb-pi. Le nouveau TDI est également plus léger de 20 kg et respecte les nouvelles normes américaines d’émissions polluantes et la norme Euro 6 qui ne sera en vigueur qu’en 2014.

Les Européens gardent toutefois pour eux le V8 diesel de 4,2 litres qui fait 340 chevaux et 590 lb-pi de couple, ainsi que le V12 TDI de 500 chevaux et 590 lb-pi de couple (c’est quand même 1 000 Newtons mètres), le diesel le plus puissant de l’industrie automobile. C’est d’ailleurs avec un moteur de cette configuration qu’Audi a occupé toutes les places du podium à la plus récente édition des 24 Heures du Mans avec un trio de ses barquettes R15.

Le bon élève

Les changements sont surtout d’ordre mécanique pour le Q7. Il n’a donc pas encore suivi la cure d’amaigrissement qui a permis à ses cousins, le Porsche Cayenne et le Volkswagen Touareg, de perdre quelque 100 et 200 kilos respectivement lors de leur dernier remodelage. Les trois partagent la même architecture de base, mais le Q7 a toujours la carrosserie et l’empattement les plus longs des trois. En fait, son rival le plus direct est le Mercedes-Benz GL qui le devance de seulement deux millimètres, plutôt que le ML du même constructeur.

Le Q7 est certes le plus spacieux de sa famille élargie. Le plus raffiné et le plus urbain aussi. Ce qui ne l’empêche pas d’être costaud. Il peut même tracter jusqu’à 3,5 tonnes avec le groupe de remorquage et l’attache qui sont offerts en option.

Feu vert

Moteurs efficaces
et performants
Boîte automatique à 8 rapports
Doux et silencieux
Sièges avant très confortables
Finition et solidité
sans reproche

Feu rouge

Fiabilité en retrait des meilleurs
Rétroviseurs extérieurs
encombrants
Freinage difficile à doser
Troisième banquette
très limitée
Trop lourds

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