Lexus CT200h 2011. Une Prius déguisée...

Points forts
  • Bon niveau d’équipements, même en variante de base
  • Jolie silhouette moderne
  • Économie d’essence
  • Sièges avant hyper-confortables
  • Bon espace cargo, pour une petite
  • Système hybride très discret
Points faibles
  • Motorisation peu puissante
  • La CVT… sans mode manuel
  • Insonorisation moyenne
  • 5e place arrière : de la pensée positive
  • Système hybride très discret
Évaluation complète

Sous ses airs modernes de ‘sportback’ dans le vent, la nouvelle Lexus CT 200h (CT pour Creative Touring) reprend des thèmes connus à la Prius. Même moteur, même (petite) puissance, même plateforme, même système hybride… Est-ce que les gens seront dupes?

D’abord, qu’il soit dit que Toyota/Lexus sait rentabiliser ses investissements en recherche et développement : la CT 200h est la 9e hybride du groupe, la 5e chez Lexus. Au Canada, le constructeur occupe 60% du marché des ventes hybrides – c’est dire que deux hybrides sur trois vendues au pays portent le sigle Toyota ou Lexus.

Pour cette énième hybride de la famille, on a voulu mettre de côté l’aspect ‘raisonnable’ de la propulsion essence-électrique et faire dans la ‘tendance’. C’est réussi : on aime ce museau rehaussé de la signature DEL, ce toit à la longue ligne fuyante et ces hanches prononcées. Sincèrement, l’allure est plus dans le vent que la Toyota Prius et uniquement à ce chapitre, Lexus pourrait bien avoir raison de rêver à des ventes de 1200 unités par année.

Cependant, le tout cache du connu : la plateforme CM reçoit déjà les Corolla, Matrix, Scion xB, Lexus HS250h et… Prius. On dit que cette architecture a hautement été révisée pour la CT, notamment à la suspension qui est à double triangulation (comme pour la HS250h). But visé : libérer l’espace cargo et vrai qu’avec 405 litres derrière la banquette, c’est très bien. Mais… cette suspension ‘double whishbone’ se montre malheureusement trop réactive aux cahots de la route. Va-t-on se plaindre qu’une Lexus nous offre de la communication avec la route? Peut-être un peu.

Sinon, le freinage est franc, efficace et il ne laisse rien deviner de son système de récupération d’énergie. Aussi, la tenue de route est solide et équilibrée, une qualité attribuable non seulement au fait que la voiture ne soit pas un poids plume (1840 kilos, quand même), mais aussi aux capot et hayon fabriqués d’aluminium qui assurent une bonne répartition de masse. Tout au plus un peu de mouvement de caisse se fait sentir en virages serrés, mais c’est limité.

La carte ‘économique’

Généralement, qui dit petite voiture dit bonne visibilité tout autour, maniement aisé dans la circulation et c’est le cas ici. Les petites prennent majoritairement dans le vent? Pas cette fois : l’élancée CT 200h n’a pas donné prise aux bourrasques des Prairies. Par contre, sa basse garde au sol (145mm) fait que ça passe juste dans les stationnements enneigés. À ce chapitre, regrettons l’absence d’un vrai frein à main… et la non-désactivation du contrôle de traction.

La direction, transmise par un gros volant très agréable au creux de la paume, est évidemment électrique. Elle est surassistée à petite vitesse, mais elle se précise quand même un peu avec l’augmentation de la vélocité – et, heureusement, encore plus lorsque la molette érigée au centre de la console est en mode ‘sport’. Les trois autres modes dispos sont ‘normal’, ‘eco’ et 100% électrique, mais ce dernier tient davantage de la pensée positive – lire : s’il y a assez de jus de batteries et si vous savez vous retenir d’enfoncer l’accélérateur.

C’est bien beau, la retenue et l’hybride, mais on préfère le mode ‘sport’, qui vient réduire l’apport du contrôle de traction et du système de stabilité, en plus d’accorder davantage de réponse sous le pied droit. Aussi, et comme par magie, l’indicateur de charge bleuté, peu instinctif à déchiffrer, se transforme alors en traditionnel tachymètre rougeoyant. Dans ce mode, nous avons engrangé en périphérie de Calgary une moyenne de 6,3l/100km (Lexus annonce un combiné de 4,8l/100km en mode normal). C’est satisfaisant, compte tenu que notre conduite n’avait absolument rien d’hybride.

C’est d’ailleurs là-dessus que la CT 200h joue ses cartes : elle se dit la plus économique (en carburant) de tout le marché du luxe et vrai que ses concurrentes directes, les Audi A3, Mercedes-Benz Classe B, BMW 128i et Volvo C30, consomment deux fois plus en ville.

Une 5e place qui tient de la pensée positive

L’habitacle sait accueillir ses occupants avec les sièges avant les plus confortables et les plus enveloppants qu’il m’ait été donné d’essayer cette année. Le cuir (optionnel) est souple et de qualité, mais le matériel de base, un nouveau Nuluxe écologique, est tout aussi intéressant au toucher. Seule la variante Techno (à près de 40 000$, quand même) propose ce Remote Touch qu’on apprécie, tant pour sa facilité d’utilisation que pour son mode haptique.

Il est toujours surprenant de trouver autant d’espace pour bien se loger dans une compacte et la CT 200h ne fait pas exception – à l’avant, du moins. À l’arrière, deux adultes de moins de six pieds y trouveront leur compte mais ils auront évidemment les genoux à l’étroit. Plus grands que ça, ils risquent le torticolis. Plus nombreux que ça… oubliez ça : seuls les gens nés dans l’actuel millénaire peuvent prétendre à la 5e place.

Performances déficientes

Il n’y a qu’un seul regret, et de taille, à associer avec la CT 200h : sa transmission CVT n’offre pas de mode manuel, ce qui vient considérablement dénaturer l’expérience. Sans de telles palettes pour prendre le contrôle des 134 chevaux  – on vous a dit que c’est le moteur quatre cylindres Atkinson (1,8 litre) de la Prius qui s’installe sous le capot? – les accélérations sont soporifiques. Vous vous en doutez, on rêve déjà d’une version plus vigoureuse, d’autant que la concurrence nommée ci-avant fait avec des variantes qui frisent les 200 chevaux, voire les dépassent allègrement (230 chevaux pour la BMW).

En attendant, on doit vivre avec une transmission, pour la CT 200h, qui met une malheureuse seconde à comprendre qu’on lui demande de s’ébranler, ainsi qu’un accélérateur de si petite course qu’on se sent de suite ‘dans le tapis’. Lexus assure un 0-100 km/h sous les 10 secondes, mais un test très maison nous a plutôt donné dans les presque 12 secondes.

Pour son argent

Si l’allure de la CT 200h en met plein la vue, ses performances se collent trop à celles de la Toyota Prius pour que les gens soient dupes. À moins qu’ils ne se laissent aveugler par le sigle Lexus, ce qui n’est pas malheureux pour autant, puisque la voiture propose un bon niveau d’équipements.

Même dans la version de base à 31 000$, l’ajustement électrique du siège conducteur (avec support lombaire, s’il vous plaît), la climatisation automatique bi-zone, le Bluetooth, la radio satellite, les sièges avant et les rétroviseurs chauffants, les commandes audio au volant, les phares antibrouillard, l’aileron intégré au hayon. Même la clé intelligente est de série! Avouez, c’est en avoir pour son argent.

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