Kia Forte Koup 2011, comment porter ombrage à sa mère.

Points forts
  • Ligne fort agréable
  • Habitacle réussi
  • Rapport équipement/prix difficile à battre
  • Moteur 2,4 litres agréable
Points faibles
  • Places arrière exigües
  • Effet de couple en accélération
  • Boite manuelle détestable
  • Visibilité arrière pénible
Évaluation complète

Lorsque Kia a dévoilé sa Forte berline, les critiques ont été unanimes quant à la beauté de sa carrosserie. La Forte Koup, la version coupé tirée de ladite berline, va encore plus loin au chapitre de l’esthétisme. On ne peut pas dire que la Koup est extraordinaire, non. Elle est belle, tout simplement. Sans artifices ni prétention, comme une femme peut être belle le matin, sans maquillage. Peter Schreyer, le designer le plus « hot » de l’heure, refuge de chez Audi (la TT, c’est lui) et Volkswagen (la New Beetle, c’est lui aussi), était visiblement inspiré lorsqu’il a dessiné la Forte Koup. Si je n’avais qu’un reproche à faire, il s’adresserait aux poignées de portes, invariablement chromées, ce qui détonne sur une voiture affichant un air aussi sportif.

Notre voiture d’essai, une Kia Forte Koup SX avec groupe sport « R » avait fière allure. Le groupe « R » apporte des jupes de bas de caisse, un aileron arrière et des roues de 18 pouces (17 pouces l’hiver). Il y avait aussi un échappement de performance sur lequel il me fera plaisir de taper dans quelques paragraphes. Mais, bref, notre voiture avait très fière allure. Assez pour reléguer la berline, pourtant pas piquée des vers, au second plan.

Dans l’habitacle, les compliments se poursuivent. Rien d’exagéré, une sobriété bienvenue. Dans une voiture au rapport prix/équipement très avantageux, on ne serait pas surpris de côtoyer l’ordinaire. Loin s’en faut! Inutile de se faire croire qu’on est à bord d’une Lexus mais d’une Honda ou d’une Mazda, ça oui! J’ai toutefois trouvé le noir un peu trop intégral à mon goût. Quelques appliques aux teintes différentes ici et là auraient égayé davantage l’habitacle. Mais n’allez pas croire que c’est la déprime totale.

Au nom de l’esthétisme…

Si une personne de 5 pieds 6 pouces vit à l’aise dans un des sièges avant d’une Forte Koup, un grand six pieds risque de se frotter le crâne au plafond, même si le siège est abaissé au maximum (côté conducteur seulement, celui de droite ne s’ajustant pas en hauteur). Autrement, ces sièges font preuve de confort, même en hiver puisqu’ils sont chauffants… mais un chauffage de type « Enfer ». En effet, il existe une seule position et il n’est pas long qu’on vient le popotin à vif! À l’arrière, les choses se gâtent un peu, ce qui est normal compte tenu que nous avons affaire à un coupé. L’accès n’est quand même pas trop mal mais l’espace réservé à la tête a été sacrifié sur l’autel de l’esthétisme. Déplorons que les glaces latérales arrière, comme sur trop de coupés, ne s’ouvrent pas. Les dossiers s’abaissent pour agrandir le coffre, cependant ils ne forment pas un fond plat. De plus, l’ouverture du coffre est passablement petite et le fait de n’avoir aucune poignée pour aider à refermer le couvercle m’a profondément déplu. L’hiver est déjà suffisamment pénible sans, en plus, avoir à se salir les doigts chaque fois qu’on referme un couvercle de coffre!

Un tout petit manque de caractère

Avec son quatre cylindres 2,4 litres de 173 chevaux, la Kia Forte Koup SX (la EX n’a droit qu’au triste 2,0 litres de 156 chevaux), la SX, donc, fait preuve d’un guilleret entrain. Ce n’est pas une bombe style Honda Civic Si, elle ne possède pas le caractère d’une Volks GTi, mais la Koup affiche des accélérations correctes (0-100 km/h sous les 10,0 secondes) et des reprises intéressantes (80-120 km/h en 6 secondes et quelques iotas). Dommage qu’en accélération vive, on doive se battre avec le volant qui part d’un côté et de l’autre à cause de l’effet de couple dans les roues avant. Dommage, aussi, qu’en accélération, et surtout à une vitesse de croisière de plus de 100 km/h, la sonorité de l’échappement « sport » tombe encore plus sur les nerfs que la piètre sonorité du système audio. Je suis sans doute trop vieux pour les « chars de jeune »…

Durant notre essai aussi hebdomadaire qu’hivernal, nous avons maintenu une moyenne de 9,3 l/100 km, ce qui est un tantinet davantage que les 6,2 sur la route et les 9,2 en ville promis par Kia. Il faut dire que cette semaine-là, le mercure n’a pas beaucoup collaboré.

Ça se gâte…

Deux transmissions sont proposées, une automatique à six rapports et une manuelle à six rapports aussi. Notre exemplaire était muni de cette dernière. Malheureusement. Son embrayage est si mou et sa course si longue que la rumeur veut que Lada ait viré, au début des années 80, l’ingénieur qui l’aurait conçu. Remarquez que c’est juste une rumeur… Quant à  la course du levier et la précision de son guidage, elles rappellent celle d’un International Harvester des années 1920 quoique ce soit une insulte pour ce dernier. Mais à part de ça, la transmission manuelle de la Forte Koup va très bien… Vivement, l'automatique!

La Koup se reprend, et de belle façon, sur la route. Certes, les suspensions (indépendantes MacPherson à l’avant et à essieu rigide à l’arrière) sont assez dures, ce qui va de soi dans un coupé aux prétentions sportives. Le freinage, assuré par quatre disques, est mordant tandis que la direction, un peu lourde à l’occasion, est très précise. Cependant, à des vitesses illégales, j’ai senti que l’avant perdait de son aplomb. Ce n’est assurément pas la faute au châssis, très rigide. Peut-être aux pneus d’hiver Toyo Observe Garit KX 215/45R17, aux tarages de suspension, à l’aérodynamisme? Je ne saurais dire.

Mais le plus beau de la Forte Koup demeure son rapport équipement/prix. Notre modèle d’essai coûtait 22 295$ plus le groupe R à environ 4 000$ et les frais de livraison et de transport de 1 455$. À plus de 28 000$, c’est un peu cher pour un coupé. Mais si on enlève le groupe « R », alors là, on en arrive à un prix beaucoup plus sensé. Surtout lorsque comparé à celui d’une Honda Civic Si, sa principale (et seule) concurrente.

La Forte Koup est une réussite à plusieurs niveaux. Budgétaire, esthétique, mécanique et comportemental. Elle fait accepter ses petits défauts grâce à ses grandes qualités. Suffirait que Kia lui donne une transmission manuelle décente et une meilleure motricité en accélération et la Forte Koup ferait un tabac. Et ce, même dans un monde où le tabac est mis à l’index. C’est tout dire!

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