Hyundai Veracruz, Semper altius

Tel que publié dans le Guide de l'auto 2008

Voilà dans un latin approximatif ce qui semble être la nouvelle devise de ce constructeur coréen : « Toujours plus haut ». Après s’être fait le champion de la petite voiture bon marché, Hyundai a l’ambition de cibler des acheteurs aussi bien dans le créneau des économiques que dans celui des véhicules plus luxueux. Le Veracruz en est un bel exemple en attendant la berline Genesis dont l’arrivée est prévue l’an prochain. Ce nouveau véhicule multisegment s’attaque aux Acura MDX, Lexus RX350, Nissan Murano et autres.
Il est généralement plus spacieux que la concurrence et son niveau d’équipement se veut plus que généreux. Après tout, il ne faut pas manquer d’arguments lorsqu’on tente de convaincre un acheteur de débourser plus de 40 000 $ pour rouler en Hyundai, une marque associée jusqu’à très récemment à des véhicules économiques!

La guerre des chiffres

Comme à chaque fois qu’un manufacturier tente de pénétrer un nouveau créneau, la tendance est d’en donner plus que la concurrence. La première étape dans cette démarche a été relativement simple puisqu’il s’agissait de dessiner un véhicule plus spacieux que les autres. Chiffres à l’appui, les représentants de la marque nous ont annoncé - quasiment avec un trémolo dans la voix - que le Veracruz est 110 mm plus long que la Lexus RX350, que son empattement surpasse celui de la Honda Pilot de 108 mm et que son volume intérieur est supérieur à celui d’un Nissan Murano. Et pour bien enfoncer le clou à l’avantage de la Veracruz dans cette guerre des chiffres, on nous a annoncé avec fierté que ce Hyundai possède un espace de chargement derrière les sièges baquets avant de 2 458 litres versus 2 300 litres par rapport à la Mercedes-Benz de Classe G, pourtant plus grosse. Quand on peut se comparer avantageusement à cette marque mythique, pourquoi se gêner?

Si cette donnée est véridique, ces mêmes personnes ont oublié de mentionner que la GL offre un espace de 300 litres une fois la troisième banquette en place alors que la Veracruz n’en propose que 184. Comme vous voyez, on peut faire dire presque tout aux chiffres... Pour clore ce débat, il est sans doute plus intéressant de savoir que le nouveau multisegment de Hyundai est 165 mm plus long qu’un Santa Fe et que son empattement est supérieur de 105 mm. Et détail à ne pas négliger, le Veracruz est une version allongée et élargie- 55 mm- de sa cadette. C’est tout de même une référence quand même fort respectable.

Marcel! Le design!

Au cours des récentes années, Hyundai et les autres constructeurs coréens, ceci inclut GM DAT, nous ont démontré hors de tout doute que les stylistes maison étaient doués. Le Veracruz est certainement élégant et même s’il est difficile d’ignorer la troublante ressemblance de la fenestration latérale avec celle de la Honda CR-V, la présentation d’ensemble est réussie. Les tôles sont tendues sur les parois latérales et les designers ont su tirer bon parti de l’harmonisation des phares avant et des feux arrière avec la ligne de caisse. Cette silhouette sied bien à la catégorie et est juste ce qu’il faut. Par contre, les stylistes d’Hyundai ne sont pas des chefs de file en fait de stylisme comme le sont ceux de certaines marques plus anciennes. D’ailleurs, un journaliste présent lors de la présentation à la presse a déclaré à la blague : « Au lieu de tenter de nous convaincre de l’inspiration de leurs designers, ces derniers devraient nous dire ce qu’ils ont copié ici et là. » Il est vrai qu’en cherchant bien on peut trouver un air de déjà vu ici et là, mais dans l’ensemble, c’est bien.

L’habitacle est sobre, d’une finition impeccable tandis que les matériaux sont de première qualité. Il n’y a rien de bon marché, que ce soit la sellerie en cuir des sièges, les plastiques du tableau de bord ou les sensations tactiles des nombreux boutons et touches de commande. À ce chapitre, il y a trop de touches similaires placées les unes à côté des autres, mais les gens devraient s’y habituer assez facilement.

Le raffinement s’affiche un peu partout dans ce véhicule. Le seuil des portières avant sont dotés d’une plaque de protection en inox brillant, et le soir, le mot Hyundai est rétro-illuminé sur le modèle Limited, le plus luxueux, la console centrale comporte un compartiment réfrigéré, et les rétroviseurs extérieurs sont équipés d’une lumière pointant vers le sol afin d’éviter que les occupants marchent dans une flaque d’eau ou dans la boue lorsqu’ils descendent du véhicule dans l’obscurité. Toutefois, pas de prise dans la radio pour un lecteur MP3, pas de système de navigation par satellite et pas de caméra de recul! Et comme tout VUS ou multisegment de ces dimensions, il arrive avec trois rangées de sièges. S’il est facile d’y accéder, l’habitabilité n’est pas le point fort de ce siège arrière qui sert davantage à dépanner qu’à accueillir des gens pour de longs trajets. Et une fois en place, ce troisième banc ne laisse pas beaucoup d’espace dans le coffre. Par contre, les passagers y sont assis plus haut que les occupants des rangées qui les précèdent.

6+6

Plus un véhicule monte en prix, plus les gens s’attendent à ce que les performances soient remarquables. Les ingénieurs d’Ulsan ont donc modifié le moteur V6 3,8 litres de l’Azera afin de l’adapter aux besoins d’un véhicule multisegment. Sa puissance est de 260 chevaux par rapport aux 263 équidés de la berline, tandis qu’il offre un avantage de 2 lb-pi de couple avec un total de 257 lb-pi de couple. La boîte automatique à six rapports est fabriquée par Aisen, et ses rapports sont bien espacés et conviennent à l’utilisation anticipée. Soulignons au passage que la capacité de remorquage est de 1 588 kg (3 500 lb) ce qui est correct pour la catégorie.

Toujours au chapitre de l’inventaire technique, le rouage intégral est de série, que l’on achète la GLS ou la Limited. Ce système est dérivé de celui du Santa Fe, mais son intervention est plus rapide en raison d’un nombre moins important de capteurs. De fabrication japonaise, ce mécanisme est appelé « Couple sur demande » et intervient pratiquement avant que les roues patinent. Un bouton placé sur le tableau de bord, à gauche du volant, mais assez difficile d’accès, permet de verrouiller le mécanisme afin d’obtenir une répartition 50-50 de la puissance aux roues arrière et avant. Par contre, comme le mentionne le communiqué de presse, ce rouage est davantage pour affronter différentes conditions d’adhérence sur route que pour aller jouer les aventuriers dans le fin fond des bois. Sont également de série le système antipatinage couplé à un système de stabilité latérale doté d’un mécanisme antiretournement et les freins ABS. Il est difficile de trouver à redire à propos de la fiche technique.

Opération douceur

Il suffit de se souvenir de la triste berline XG 350, commercialisée jusqu’en 2005, pour réaliser à quel point ce constructeur a accompli des pas de géant en fait de qualité, de raffinement et de sophistication. Alors que la XG 350 était une caricature de véhicule de luxe, le Veracruz a droit à cette étiquette aussi bien en raison de sa fabrication que de son comportement routier, tout s’effectue en douceur. Le moteur est silencieux, doux et sa puissance est relativement linéaire. De bonnes notes également pour la boîte de vitesses dont les rapports se succèdent en douceur. Et même si le système Shiftronic permet de passer les rapports manuellement sans à-coup, rares seront les gens qui utiliseront cette caractéristique, sauf dans certaines occasions bien précises. Et l’assistance de la direction est également bien calibrée, celle-ci est vraiment progressive, et il est donc facile d’enchaîner les virages. Vitesses supérieures à la moyenne ou non, le Veracruz demeure imperturbable, même si les virages se resserrent. Par contre, poussez encore davantage, et un sous-virage fait son apparition. Les pneus de 18 pouces, de série, se plaignent d’un tel traitement en émettant des crissements assez forts. Mais vous devrez vraiment pousser pour en arriver là!

Il est certain que plusieurs concurrents sont dotés d’une personnalité plus marquée, d’une silhouette plus distinctive et leur réputation de qualité est déjà bien établie. Mais force est d’admettre que cette Hyundai est capable de leur faire la vie dure aussi bien par sa qualité d’ensemble que par son équipement plus que complet. Je vous fais grâce de la nomenclature de toutes les caractéristiques de série, surtout sur la version Limited. Les gens voudront-ils débourser des dizaines de milliers de dollars pour une marque qui était limitée à des modèles économiques il y a moins de cinq ans? Une chose est certaine, la qualité est au rendez-vous. Reste maintenant la crédibilité, une implication des concessionnaires à fournir un service à la hauteur de la catégorie et l’acceptation du public.

Feu vert

Équipement complet
Moteur bien adapté
Tenue de route saine
Finition impeccable
Prix compétitif

Feu rouge

Certains bruits éoliens
Siège avant trop plat
Faible espace de rangement derrière le 3e siège
Concurrence prestigieuse
Sous-vireuse à la limite

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